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Publié par Saoudi Abdelaziz

Lorsque les médias occidentaux avaient mis en scène l’apocalyptique suspense de la faillite imminente des Etats-Unis, nos experts locaux sont montés au créneau, d’El Watan à Liberté en passant par El Khabar : nos réserves en dévises sont menacées, Il faut acheter de l’or, créer des fonds souverains, etc. Abed Charef évoque dans le Quotidien d’Oran, la déconfiture des acteurs de ce spectacle médiatique, en indiquant que le vrai danger est ailleurs. Extraits.

 

(…) Mais pour une fois, M. Djoudi avait raison. Les réserves de change du pays ne sont pas en réel danger. Et en l'état actuel des choses, cette formule reste la meilleure solution pour placer l'argent algérien. Mieux encore, mettre en cause cette formule aujourd'hui, c'est offrir au ministre des finances l'occasion de se moquer de ceux qui le critiquent. Car la question ainsi posée offre un immense avantage à M. Djoudi : elle lui permet d'occulter le vrai problème, celui de l'inefficacité économique, du manque de crédibilité des institutions, et du nivellement par le bas qui touche désormais l'ensemble des secteurs d'activité.

Le fait que l'Algérie détient près de 180 milliards de dollars de réserves de change montre que le pays est incapable d'utiliser ces capitaux alors qu'il fait face au chômage, à la pauvreté d'une frange, même limitée, de la population, qu'il a un énorme déficit en logements, universités, écoles, et autres infrastructures. Le gouvernement agit comme un père de famille ayant de nombreux enfants, mais qui se contente de déposer son argent à la CNEP, au lieu de créer des entreprises, des fonds de commerce et des emplois pour ses enfants.

Plus grave encore : à l'heure actuelle, le pays ne peut pas faire autrement avec ce surplus d'argent. Il ne dispose pas des banquiers, des financiers, et des institutions financières assez solides et d'institutions politiques crédibles pour adopter une autre formule. Créer un fond souverain par exemple, pour investir et essayer de faire son entrée dans les grands circuits financiers internationaux.

Aucune banque algérienne n'est outillée pour tenter l'aventure. Aucune institution n'est assez crédible pour prendre une telle décision. Aux yeux de l'opinion algérienne, placer de l'argent dans des marchés financiers aussi opaques sera considéré comme une simple opération d'évasion de capitaux. Avec le passif accumulé, il est impossible de demander à l'opinion publique de voir dans le pouvoir autre chose qu'une association de prédateurs prêts à tout pour s'emparer du maximum d'argent.

Il faudra donc autre chose pour que l'Algérie puisse tirer profit, au mieux, de ses ressources (…).

 

Abed Charef. Le Quotidien d’Oran, 22 août 2011. Texte intégral : http://www.lequotidien-oran.com/

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