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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

La Coface, société d’assurance-crédit internationale, appartenant au groupe BPCE, a publié son analyse du risque économique et commercial de l’Algérie : « Etant donné les larges prérogatives du Président, l’échéance importante sera l'élection présidentielle d’avril 2014. A. Bouteflika ne devrait pas briguer un quatrième mandat. La période à venir sera donc marquée par la préparation de sa succession, compliquée notamment par un projet de modification de la Constitution » avance l’organisme français .

Si la Coface reconnaît à l’Algérie un faible endettement public et une solide position financière extérieure, elle souligne toutefois la grande dépendance du pays aux recettes des hydrocarbures et à la dépense publique. « Le cadre des affaires paraît désormais stabilisé, mais il est peu propice à l’expansion du secteur privé et des investissements étrangers, à quoi s’ajoute l’inefficacité du secteur bancaire ».

Toujours selon la Coface, le pays fait face à d’importants « défis dans les domaines politique, social, sécuritaire et des affaires. »

Source Agence Ecofin, 1er avril 2013

 

 

Extraits

 

 

APPRECIATION DU RISQUE

 

 

 

                                                                                                                      (e) Estimations (p) Prévisions

 



 

 

 

Léger rebond de la croissance, toujours tirée principalement par le secteur des hydrocarbures et la dépense publique

 

Moins élevée que prévu en 2012, en raison notamment d’une conjoncture internationale peu favorable, la croissance est susceptible de rebondir légèrement en 2013, grâce à une augmentation modérée de la production d’hydrocarbures et à la poursuite du vaste programme d’investissements publics (construction de logements, de routes et de voies ferrées). Par ailleurs, la hausse des salaires du secteur public ainsi que le subventionnement des produits de base permettront de soutenir la consommation des ménages. Quant aux investissements privés, leur progression risque encore d’être entravée notamment par une insuffisance de financement.
L’inflation devrait s’atténuer par le biais de plafonnements des prix des produits alimentaires, d’une baisse des droits de douane sur ces produits et d’une meilleure gestion de leur distribution.



 

Faible endettement public et solide position financière extérieure

 

En dépit de la hausse des revenus pétroliers - représentant plus de 70% des recettes de l’Etat - le déficit budgétaire s’est accru en 2012, en raison de l’augmentation des dépenses (salaires du secteur public, mesures sociales, modernisation des infrastructures). De fait, la vulnérabilité des comptes publics aux prix des hydrocarbures s’est accrue. Le déficit budgétaire devrait, cependant, se réduire en 2013 grâce à une gestion plus prudente, avec l'assainissement prévu des dépenses courantes et la hausse des recettes hors hydrocarbures. De plus, les revenus des hydrocarbures mis en réserve dans le Fonds de Régulation des Recettes permettent de financer ce déficit, et le pays bénéficie d’un faible endettement public.

Grâce aux exportations d’hydrocarbures - représentant plus de 95% des recettes en devises - et à des cours devant rester élevés, les balances commerciale et courante seront encore excédentaires en 2013, malgré un effritement. Ces exportations sont soutenues par la mise en service, depuis 2011, du gazoduc Medgaz entre l'Algérie et l'Espagne, d'unités de gaz naturel liquéfié en 2012, ainsi que par des capacités additionnelles de production de pétrole à partir de 2013. Par ailleurs, les importations resteront limitées par les mesures restrictives prises par les autorités depuis 2009, en dépit d'importants achats de blé, dont l'Algérie est l'un des plus gros importateurs au monde, et de biens d’équipement liés au développement des infrastructures.

D’imposantes réserves de change (environ trois ans d'importations) renforcent une situation financière extérieure déjà solide. Afin de diversifier ses avoirs, l'Algérie a apporté fin 2012 une contribution de 5 Mds$ au FMI. Le pays entend également ainsi s’affirmer sur la scène internationale, dans le contexte de son laborieux processus d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce.
De plus, la politique active de désendettement extérieur, via notamment l’interdiction pour les entreprises d’emprunter à l’étranger, maintient le ratio dette/PIB à un niveau très faible (3%).



 

Des défis dans les domaines politique, social, sécuritaire et des affaires

 

Dans le contexte des soulèvements intervenus depuis début 2011 dans d'autres pays arabes, le pouvoir a pris des mesures destinées à améliorer la représentation politique, à lutter contre le chômage des jeunes et à augmenter les logements sociaux, afin de désamorcer la contestation politique et sociale.

Les élections législatives de mai 2012, marquées par un niveau élevé d’abstention, n’ont pas conduit à un rééquilibrage des forces politiques au profit de partis islamistes, la coalition nationaliste au pouvoir, composée principalement du FLN et du RND, ayant conservé la majorité. Etant donné les larges prérogatives du Président, l’échéance importante sera l'élection présidentielle d’avril 2014. A. Bouteflika ne devrait pas briguer un quatrième mandat. La période à venir sera donc marquée par la préparation de sa succession, compliquée notamment par un projet de modification de la Constitution.

Si la situation sécuritaire s’est améliorée, l’activisme de groupes islamistes radicaux comme Al-Qaïda au Maghreb Islamique s’est intensifié aux frontières du sud du pays.

Par ailleurs, des restrictions visant les importations et les investissements étrangers – dans le but de protéger l’économie du pays et de promouvoir les industries nationales – ont été introduites par la loi de finances complémentaire de 2009 et globalement reconduites depuis, en dépit de quelques assouplissements. Le cadre des affaires paraît donc désormais stabilisé, mais il est peu propice à l’expansion du secteur privé et des investissements étrangers, à quoi s’ajoute l’inefficacité du secteur bancaire.

 

 

Analyse complète de la Coface

Algérie

Population 36,494 millions

PIB 206,545 milliards $US

Principaux indicateurs économiques
2010 2011 2012(e) 2013(p)
Croissance PIB (%)

3,4

2,4

2,6

3,5

Inflation (moyenne annuelle)

3,9

4,5

8,4

5,0

Solde budgétaire / PIB (%)

-1,0

-0,2

-3,0

-2,0

Solde courant / PIB (%)

7,5

9,9

8,2

6,5

Dette publique / PIB (%)

11,0

9,5

8,5

8,0

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