Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Vendredi soir 7 décembre, le prince héritier du Bahreïn Salman Ben Hamad Al-Khalifa a appelé l’opposition au dialogue. en présence du ministre des AE britannique, William Hague, et d’une brochette de ses confrères du Golfe, tous chargé d’assurer le rayonnement de cette opération médiatique.

On sait que le Bahreïn reste secoué par des manifestations impulsées quasi-quotidiennes par l'opposition, représentant la majorité chiite de la population. Les manifestants exigent avec obstination l’instauration d’une monarchie constitutionnelle et l’Etat de droit. Ces rassemblements dans des villages de la périphérie de Manama sont férocement réprimés par la police encadrée par des experts saoudiens, pendant que la 5ème flotte des USA mouille au large de Manama.

Le gouvernement français sur le site de la diplomatie française s’est empressé de sauter à pieds joints dans l’initiative fallacieuse du prince. Il écrit (et souligne) : « Nous saluons l’allocution prononcée par le Prince héritier le 7 décembre lors d’une conférence organisée par l’International Institute for Securities Studies. Nous soutenons la volonté du Prince Salman de poursuivre les réformes politiques dans le Royaume, de lutter contre les inégalités judiciaires et de mieux garantir la liberté d’opinion et d’expression au Bahreïn. Dans cette perspective, nous nous félicitons particulièrement de l’appel au dialogue exprimé par le Prince Héritier. ».

 

DR-Nabil Ahmed Abdulrasool Rajab

 

 

 

Le 11 décembre, dans la foulée de cette diversion dialoguiste, une Cour d'appel de Bahreïn a eu comme consigne de réduire de moitié les peines d'un an de prison prononcées contre le militant des droits de l'Homme Nabil Rajab pour participation à deux manifestations illégales. Tout… en confirmant cependant la peine d'un an de prison pour une troisième manifestation. Une fleur lui est faite quand même : il  est l’innocenté dans une quatrième affaire, d’ « insultes aux forces de l'ordre », pour laquelle il avait été condamné en première instance en juin à une amende de 300 dinars bahreïnis (800 dollars).

« Poudre aux yeux » semble penser le principal groupe de l'opposition chiite bahreïnie, Al-Wefaq, qui a réclamé "la libération immédiate" de Nabil Rajab, estimant dans un communiqué qu'il était jugé pour avoir exercé son "droit à manifester pacifiquement". La présidente de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a estimé que le jugement "honteux" rendu mardi en appel montrait "une fois de plus la détermination des autorités bahreïnies à faire taire les voix critiques".

Ainsi, M. Rajab, un chiite qui préside le Centre des droits de l'Homme à Bahreïn et est secrétaire général adjoint de la FIDH, "restera détenu arbitrairement pour avoir osé mener ses activités en matière de droits de l'Homme", a-t-elle ajouté dans un communiqué. Selon la FIDH, 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

 

Synthèse blog, 13 décembre 2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article