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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

DR

 

 

La chronique du Condjador (66)

 

 

Au Port de Djendjen les ouvriers en ont marre d’un syndicat qui ne les représente pas. Classés d’ « incapables » et d’ « opportunistes », ces gens ont évolué dans la hiérarchie pour avoir leur part du gâteau, et les privilèges de leurs supérieurs. Le malheur, c’est qu’ils ont oublié leurs électeurs, et en plus ceux qu’ils devaient défendre et servir.

 

La prime de rendement collectif (PRC) concerne tous les salariés du port de Djendjen, ceux des docks et ceux de l’administration. Elle est partagée d’une façon « injuste et illogique ». Pour un docker, cette prime est de 2000 da par trimestre (je confirme : 2000 da). Selon nos informations, le président du syndicat toucherait 800 000 da, et le directeur 2 000 000 da. Notons, en passant, que ce directeur est toujours maintenue dans le statut d’intérim : son installation définitive serait mise à rude épreuve, à cause de son passé d’ancien membre actif du FIS.

 

Len syndicat du port, qui est la protection de l’ouvrier,  a fait une khardja djdida : il a réussi la prouesse de transformer  une mise à pied de 3 jours infligée à un ouvrier par la direction en une mise à pied de 8 jours ! Uniquement parce qu’il s’est plaint auprès de ce syndicat, il a donc perdu 5 jours de salaire supplémentaires. Le syndicat laisse faire… Un avocat qui défend un prisonnier ne lui ajoute pas des années de prison en plus de celles que demande le procureur...

 

Pour les recrutements c’est « la famille en premier », et cela à tous les échelons de la hiérarchie, du directeur (par intérim) au plus insignifiant responsable.

 

Les Jijéliens qui ont attendu plusieurs année le démarrage du port et les milliers de postes de travail qu'il va procurer, disent : « toujours les mêmes », « les anciens de la Sonama qui sortent à la retraite placent les membres de leurs familles ». « Il leur arrive même de bloquer des recrutements le temps que leurs fils soient en âge d’être embauché ».

 

« Tous les gens qui travaillent vraiment et créent le mouvement dans le port, ce sont les vacataires », ceux qui appartiennent aux groupes des « trois-fois-huit », ceux qui se font payer « comme des marin pêcheurs », avec des contrats de travail renouvelable, pour les plus chanceux (qui connaissent la chanson). Les meilleurs de ces vacataires sont épuisés par le manque de sommeil, le décalage horaire qui les perturbe, jusqu’à frôler la dépression.

 

Pendant le mauvais temps, quand les bateaux jettent l’ancre au large, tous ces vacataires sont au chômage. « Cette apparente fourmilière de travailleurs n’est qu’une arnaque visuelle » dit l’un d’eux. C’est la dictature du management qui donne cette apparence trompeuse de prospérité et de rendement. Quant aux espoirs de toute une population, c’est rih fa chebak. A l’exception des proches du roi.

 

 

Le Condjador, 6 novembre 2012 (propos recueillis de victimes de la politique d’embauche).

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djennas 01/06/2014 21:02

Je suis fier de cet port la grande