Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du Condjador (14)

 

Ras le bol des pêcheurs et des plaisanciers du port de Boudis à jijel. Objet : la calle sèche. Tous les marins savent que la cale sèche existe dans tous les ports du monde. Elle est en principe ouverte aux barques de pêche et de plaisance. Elle sert aux réparations de la partie sous marine (tirant d’eau), des avaries et du calfeutrage défectueux. On peut aussi changer les hélices. Donc, tous les travaux qui demandent que la barque soit sortie sur la terre ferme, sinon elle est perdue. La cale sèche de 20 mètres de largeur est aménagée  comme une pente en béton qui pénètre dans le plan d’eau, le quai étant plus haut que le niveau de l’eau. On fait glisser l’embarcation de l’eau vers cette pente pour la monter au quai de réparation. C’est très pratique. Pour les travaux, les bateaux sont hissés par l’appareil de levage qui peut soulever des charges pesant jusqu’à 110 tonnes.

 

Depuis deux ans, la cale sèche  est entre les mains d’une personne qui prétend que la direction du port lui a attribué sa gestion. Ce  gérant a barricadé la cale sèche en deux endroits. Il faut lui payer un péage. Il faut passer par cet homme, la plupart du temps absent, le chercher ou l’attendre  et payer de 500 à 1000 dinars pour qu’il ouvre les cadenas fermant l’accès au quai de réparation, et la même somme pour faire entrer ensuite sa barque dans le plan d’eau. Il faut en plus lui débourser 200 dinars par cinq minutes pour utiliser une prise de courant.

 

Pourtant, tous les propriétaires de barque payent à la direction du port un droit de poste à quai de 20 000 dinars. Ce droit de poste est payé à la direction du port en échange du droit d’accoster, et inclut le gardiennage, ainsi que le nettoyage du port. Les sardiniers paient en plus le loyer, alors que le cahier de charge n’est pas respecté par l’administration du port : pas de réseau d’eau potable, ni d’assainissement.  

 

A Jijel, on fait les choses à l’envers dans la gestion de la cale sèche. Ainsi, le loyer du quai pour les travaux de carénage des chalutiers, des sardiniers et des autres embarcations augmente avec la durée des travaux de réparation, tandis que dans les autres ports d’Algérie, c’est l’inverse, ce loyer diminue progressivement. Cette manière de faire engendre à Jijel une pression sur les propriétaires de bateaux et risque d’entraîner des réparations à la va vite, mettant en danger la vie de dizaines de marins. Par exemple, pour une bonne réparation, il faut prendre le temps d’être bien séché le bois, pour mieux faire le calfetrage des planches.

                                    

 

 

La légende du cheval blanc

 

Cet accident et resté dans la mémoire des vieux marins. C’était l’époque où les Jijéliens commençaient à posséder leurs premiers bateaux.

On parle encore du Cheval blanc de Ben Hassen, ce bateau qui a un jour pris feu dans l’ancien port de Jijel. Cela a commencé par une petite fumée alors que le Cheval blanc était  fixé dans le plan d’eau. Alerté, le propriétaire a pris place sur le quai et s’est mis à le regarder brûler. Les marins lui ont proposé d’éteindre le feu, mais il n’a pas voulu. Le feu prenait de l’ampleur. Un marin lui a alors suggère de trouer le Cheval blanc avec une hache pour qu’il coule rapidement. Ce qui mettrait fin à la propagation des flammes ce qui permettrait de le récupérer après.

Mais, Ben Hassan n’a pas voulu. La barque a brûlé quinze jours après le décès de son raïs.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article