Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

DR

 

Les dockers du port d’Alger continuent leur grève, déclenchée jeudi dernier, annonce El Watan, qui garde le silence sur les motivations des grévistes, se limitant à caricaturer les revendications en une demi ligne. Pourtant, on perçoit bien que cette grève est un retour de balancier, actionné par les travailleurs du port, contre de la tendance à faire de l'utilisation permanente du statut de vacataire, le moyen de surexploiter le travail. Les dockers semblent décidés à solder les comptes.

 

On saura tout dans El Watan sur les points de vue de l'employeur, du syndicat officiel, et des opérateurs. Le quotidien sait de quel côté il doit se ranger, lorsqu'il titre : "La paralysie du port d’Alger a un impact financier considérable".

 

Ainsi, le chargé de communication de l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL), Abderramane Timizar, affirme qu’«aucun préavis de grève n’a été adressé à la direction». «La grève a été déclenchée de manière sauvage et sans l’aval du syndicat d’entreprise», a-t-il ajouté. Et de poursuivre : «Aujourd’hui (hier, ndlr), le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné la reprise du travail. 15 meneurs du mouvement ont été entendus par la juge. (...) les revendications des dockers sont irrecevables car au moment de leur recrutement, ils étaient contractuels et non permanents (...) Même si l’on pouvait répondre favorablement aux revendications des grévistes, l’EPAL serait obligée d’opérer un redressement fiscal».

Le secrétaire général du syndicat d’entreprise, Derradji Bourouba, désavoue la grève : «Je viens d’expliquer au magistrat que nous n’avons jamais décidé d’un mouvement pareil. Nous ne nous sommes pas concernés. C’est une grève illégale.» 

 Des opérateurs se disent pénalisés par cette situation. «Notre activité est retardée que ce soit pour le déchargement ou pour l’arrivée de navires, dont quelques-uns sont en rade. Les clients seront obligés de payer des surestaries. C’est un mauvais coup pour l’économie du pays, vu l’importance du port d’Alger"

 

 

 

NB. Si Alger républicain existait encore, on lirait la parole des grévistes. Mais pour l'heure, le site du journal fantôme est uniquement préoccupé par la situation à Kiev et à Bogota.

 

 

 

 

PS-Bonne nouvelle.

 

 Alger républicain rend finalement compte de la grève du port d'Alger en apportant un éclairage intéressant sous le titre "Note de la rédaction d'Alger-Républicain":

 

Après les réformes anti ouvrières du gouvernement "réformateur" de Hamrouche (qui comprenait notamment, en tant que ministre de la Justice, Benflis aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain ) l’entreprise publique du port d’Alger ne recrutait pratiquement les dockers que sous le régime de la vacation ou du contrat à durée déterminée. Comme toutes les autres entreprises, l’EPAL a usé et abusé de cette possibilité juridique qui, en principe, ne doit concerner que les postes de travail où l’activité est irrégulière ou saisonnière. Des centaines de dockers, subissant le chantage de l’entreprise, n’ont pas eu d’autre choix que d’accepter de travailler en tant que vacataires ou "contractuels", durant des années, souvent plus de 15 ans sans interruption. Le syndicat du port a mené il y a quelques années, une grande bataille pour qu’il soit mis fin à cette injustice. Il est donc normal que les vacataires régularisés demandent aujourd’hui leur rétablissement dans la totalité de leurs droits bafoués pendant des années.

Le DG de l’EPAL crie au risque de faillite si la revendication de la rétroactivité de la participation au bénéfice et du 13ème mois était satisfaite. Si risque de faillite il y a, il faut probablement le chercher dans les sujétions que le gouvernement a imposées à l’EPAL en en faisant un partenaire de Dubaï Port d’Alger à hauteur de 50% du capital. Cette participation est tout bénéfice à l’entreprise émiratie qui n’a investi aucun centime depuis que le gouvernement, pour plaire aux roitelets du Golf, leur a cédé les activités les plus rentables du port, laissant à l’EPAL les charges les plus lourdes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article