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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le cri par Edvard Munch

Le cri par Edvard Munch (1894-1895)

 

 

 

 

 

 

L’évènement politique central de la période actuelle et qui semble se conjuguer avec le durcissement répressif, c’est l’aggravation du sentiment d’insécurité dans la population, relancée par la dramatique campagne anti-kidnapping.

On ne peut pas ne pas faire un rapport avec l'enchaînement d’événements dramatiques amorcé durant le printemps 2008, puis exarcerbé durant l’été qui suivra, à la veille des élections présidentielles. Au printemps 2009, cet enchaînement conduira le peuple algérien, avide de stabilité et de sécurité, au plébiscite du 3ème mandat.

 

 

Cela avait commencé à Oran écrivais-je en 2011. La violence de rue se déchaîne. Les forces de police ont laissé faire les jeunes pendant deux jours. Ces émeutes qui cesseront le 29 mai, ont pour détonateur la relégation du club local de foot, le MCO. Les rumeurs les plus contradictoires se développent, en partie suscitées par la curieuse absence des forces de police. Le 28 mai, le Quotidien d’Oran «révèle» : « De forts échos de la présidence de la République laissent entendre que le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales aurait émis, récemment, de grandes réserves quand à la mise en branle de la machine administrative et électorale en faveur d'un troisième mandat présidentiel pour Bouteflika ».

 

Le Monde reprend cette analyse : « Selon Le Quotidien d'Oran, "l'intensité dramatique des émeutes" va imposer un "changement radical" dans les prévisions du pouvoir. A en croire ce journal, le ministre de l'intérieur, Yazid Zerhouni, "aurait émis des réserves" à l'idée d'un troisième mandat de M. Bouteflika ».

 

 Qu’en est-il vraiment ? On sait que l’utilisation de la rumeur à partir de sources sûres est devenue en Algérie, un des leviers de la compétition entre les clans.

 

«Nous sommes loin de la rue, nous ne savons pas ce qui se passe», confie à la presse, Daho Ould Kablia, ministre délégué aux collectivités territoriales, en marge de la séance plénière du Conseil de la nation. Ould Kablia affirme que les autorités s’attèlent «à éteindre le feu».

 

De son côté la ministre de l’Intérieur Zerhouni, qui sera ensuite remplacé à son poste par son subalterne, précédemment cité, fait sa pirouette : « Devant cet état de fait, il faut le dire malheureusement, le mouvement associatif et la société civile n’ont absolument rien fait et n’ont déployé aucun effort afin de rendre à la raison les jeunes émeutiers affolés dans leurs actes néfastes ». (Liberté 29 mai). Quelques jours plus tard, le ministre, qui semble avoir été «doublé» dans cette affaire, affirmera que les émeutes sont des actes de hooligans “une situation normale générée par un match de football, comme il en arrive souvent de par le monde”

 

 Au 3ème jour des émeutes, Amel B. la correspondante du Soir d’Algérie (29 mai) note : « Alors que tout semblait calme et rentrer dans l’ordre, même si rares sont les commerces qui avaient ouvert, les Oranais vaquaient à leurs occupations tout en évoquant les évènements de la veille, quand soudainement, vers 10h30, un mouvement de panique s’est de nouveau emparé de la ville. Des voitures venant à une folle allure conseillant aux passants de rentrer chez eux, ces derniers pris de panique couraient dans tous les sens. De suite, les quelques magasins ouverts ont vite baissé rideau, mais nul ne savait ni ne comprenait d’où venait la menace ».

 

Cette technique de provocation est on le sait bien rôdée depuis les émeutes d’octobre 1988, où ces voitures spéciales ne se contentaient pas de rouler à vive allure mais tiraient aussi sur les gens.

 

 Le 31 mai, on peut aussi lire dans le quotidien arabophone Echourouk : « Certaines parties indiquent que des groupes d'intérêts sont derrière les incidents, ainsi que des parties de la sphère politique. Un communiqué anonyme, dont Echourouk a obtenu une copie, affirme que les personnes qui ont affiché leur colère le premier jour des incidents lors de la défaite du Mouloudia d'Oran ont été mobilisées et exploitées ensuite par des inconnus qui les ont incitées au saccage. »

 

 

Le mois de mai est à peine terminé que la presse annonce, le 2 juin, une nouvelle semblant venir d’une autre époque : « Un militaire a été tué et un autre blessé, dans la nuit de samedi à dimanche, dans une embuscade tendue par un groupe terroriste à Sidi Mansour, dans la commune de Tamalous, au sud-ouest de Skikda. ». Après un printemps de désordre urbain, l’été meurtrier de 2008 venait de commencer, alternant  chaque semaine durant l’été, quatre types d’action : 1/des embuscades professionnelles, sans laisser de traces, contre des officiers et des soldats de l’armée ou de la gendarmerie, 2/ des assassinats de membres ou d’anciens membres des GDL (dit Patriotes), 3/ des attentats kamikaze aux abords des établissements de la gendarmerie et de la police, 4/ des attentats kamikaze aux cibles indistinctes. Cela va durer jusqu’à la fin août.

 

 

Au sortir de ces longs mois de traumatisme, à quelques mois des élections présidentielles on sait que l’opinion a basculé pour un nouveau bail motivée par la recherche éperdue de stabilité…

 

Synthèse blog, 29 mars 2013

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