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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le gouvernement vient de lancer un nouveau plan de lutte contre le transfert massif de devises vers l’étranger qui a pris une ampleur d'autant plus alarmante que l'on assiste à une baisse des rentrées. Abed Charef évoque ce matin dans Maghreb Emergent les différentes formes de ce pillage et les raisons du réveil gouvernemental. Extraits:

 

 

L’argent exporté est destiné à payer les importations de biens et services (près de 70 milliards de dollars en 2012), mais il recouvre aussi des gaspillages énormes, des transferts déguisés, du vol, des pots-de-vin et toutes sortes de combines qui permettent à des opérateurs de piller impunément le pays. Cela va du contrat surévalué à l’acte de corruption avéré.

Ainsi, l’entreprise Sonelgaz a acheté des centrales électriques de même puissance, l’une pour moins d’un milliard de dollars, la seconde pour plus de deux milliards.

L’autoroute est-ouest a coûté 12 millions de dollars le kilomètre, probablement le double de son coût réel, avant que le contrat en soit encore révisé à la hausse par une série d’avenants.

Des compagnies de renommée mondiale ont profité de cette situation, payant des pots-de-vin pour obtenir des contrats nettement surévalués, jusqu’à ce qu’elles soient éclaboussées par des scandales retentissants.

Le canadien SNC Lavalin et l’Italien Saipem ont ainsi versé des pots-de-vin pour décrocher des contrats, remportés alors que leurs offres étaient nettement supérieures à celles de leurs rivaux.

Le laboratoire Sanofi Aventis a même été condamné par la justice algérienne à deux milliards de dinars d’amende pour avoir surfacturé des produits importés, en vue d’exporter un maximum de devises. Son directeur pour l’Algérie Thierry Lefèvre a été condamné à un an de prison avec sursis.

L’enquête sur l’autoroute est-ouest a révélé que le contrat a été réévalué de six cents millions de dollars, juste pour changer la qualité du goudron utilisé ! Enfin, une entreprise chinoise, inscrite sur une liste noire de la banque Mondiale, a décroché le contrat de la construction de la Grande Mosquée d’Alger. C’est dire la participation au pillage des devises était aussi large que variée.

 

 

Alertes

 

Ce transfert de devises, qui prenait l’allure d’un pillage massif, était systématiquement éludé par le gouvernement, malgré une série d’alertes. Un ancien haut responsable avait tenté d’attirer l’attention quand les importations algériennes avaient franchi le seuil symbolique de 50 milliards de dollars. « Il est impossible que l’Algérie ait importé autant. L’effet de telles sommes aurait été autre sur l’économie algérienne », avait-il dit, mais ses propos n’avaient pas trouvé d’écho.

C’est apparemment l’explosion du phénomène, conjugué à une baisse des recettes extérieures du pays en devises, qui a fini par alarmer le gouvernement. Les sorties de devises ont atteint, durant les cinq premiers mois, 30.448 milliards de dollars, soit une moyenne mensuelle de 6.08 milliards. Dans le même, les exportations d’hydrocarbures, en recul de 9.82%, ont rapporté 29.85 milliards, soit légèrement moins de six milliards par mois. Ce qui montre que l’Algérie exporte désormais plus de devises qu’elle n’en perçoit. Le virage était attendu, mais pas dans l’immédiat. Il a été précipité par une amplification de la baisse de recettes en devises, sous le double effet de la baisse des prix et de la baisse du volume des exportations d’hydrocarbures. Dans le même temps, les importations et les « à-côtés » poursuivaient leur hausse irrésistible.

 

Maghreb Emergent

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