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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Par Gabriel Gresillon, correspondant à Pékin

 

Les Africains espéraient un chiffre au dessus de 16 milliards de dollars, ils auront finalement 20 milliards. La Chine est aujourd’hui le principal bailleur de fonds du continent.

 

Les pays africains espéraient plus. Ils auront nettement plus. Le président chinois Hu Jintao a annoncé jeudi, à l'occasion du Forum sur la coopération Chine-Afrique (« Les Echos » du 19 juillet), que son pays allait consacrer l'équivalent de 20 milliards de dollars à des prêts destinés au continent noir. Ce chiffre est à comparer aux 10 milliards débloqués lors de la dernière édition de ce forum, en 2009. Un doublement donc, largement à la hauteur des attentes des représentants africains. Selon un bon connaisseur du dossier, le consensus des ambassadeurs africains à Pékin situait au-dessus de 16 milliards un chiffre satisfaisant. En matière d'aide, la Chine a donc décidé de tenir son rang.

 

Cette annonce de Hu Jintao, effectuée en présence des présidents sud-africain et nigérian Jacob Zuma et Mahamadou Issoufou, ainsi que du secrétaire général des nations unies Ban Ki-moon, traduit l'importance que Pékin accorde à son partenariat avec l'Afrique. Déjà, les financements chinois ont détrôné ceux des institutions multilatérales sur le sol africain. Comme l'admet un représentant de la Banque mondiale à Pékin, « en Afrique, notre valeur ajoutée réside désormais dans l'expertise technique ou juridique que nous pouvons fournir, mais nous ne faisons plus le poids sur les volumes de financements ».

 

 

Dynamiser la croissance locale

 

 

Mais de son côté, l'aide chinoise à l'Afrique n'est pas non plus dépourvue d'attraits, car elle n'est pas soumise aux conditions strictes qui accompagnent celle des institutions multilatérales. Fidèle à sa doctrine diplomatique de non-ingérence, Pékin refuse d'interférer dans les processus politiques en cours et prête aussi volontiers au Ghana qu'au Soudan ou au Zimbabwe. En outre, la Chine accompagne son aide d'une rhétorique sur l'amitié entre pays émergents et le rejet du colonialisme. Laquelle a « permis aux élites africaines de se détacher de la tutelle financière et intellectuelle dont ils se sentaient prisonniers », notent Valérie Niquet et Sylvain Touati, chercheurs à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Enfin, Pékin ne se contente plus de financer des projets d'infrastructures largement concrétisés par ses propres entreprises. Le régime chinois met aujourd'hui l'accent sur les projets économiques visant à dynamiser la croissance locale. Le Fonds de développement Chine-Afrique, qui vient de s'engager à investir 2 milliards de dollars sur le continent, vise le financement d'une soixantaine de chantiers parmi lesquels figure une zone économique et commerciale en Egypte ou une cimenterie en Ethiopie.

 

 

Gabriel Grésillon, 20 juillet 2012. Correspondant à Pékin. Les Echos.fr

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