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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Les malettes font désormais partie du folklore. Les paradis fiscaux permettent de transférer de l'argent de manière discrète.

DR

 

 

 

 

 

En France, François Leclerc nous apprend l’existence d’un rapport remis à une commission parlementaire et émanant d’un « collectif d’officiers du renseignement intérieur ». Ce rapport critique la DCRI à laquelle ces officiers appartiennent, parce qu’il n’y n’a pas de suite judiciciaire aux résultats de leurs investigation sur l’utilisation frauduleuse des paradis fiscaux. Ce n’est donc pas seulement en Algérie que cette lutte est bridée par le pouvoir. Piètre consolation. Les limiers du DRS algérien (équivalent de la DRCI française) pourraient méditer sur cette définition du linguiste Sardou : « On dit aussi que quelqu’un a travaillé vainement lorsqu’il n’est pas récompensé par son travail, ou ce travail n’est pas agréé ; car dans ce cas le travailleur a perdu son temps et sa peine, sans préjuger aucunement de la valeur de son travail, qui peut d’ailleurs être fort bon ».

 

 

De nouvelles vocations s’affirment

 

 

Par François Leclerc, 5 avril 2013

 

 

L’Offshoreleaks, comme on l’appelle maintenant en référence au Wikileaks, n’en est qu’à ses débuts pour ceux qui s’inquiéteraient de son rendement et de la moisson limitée de révélations publiées, et ses rebondissements ne font que commencer.

 

Le travail de décryptage de l’invraisemblable quantité de données est gigantesque, et encore plus leur analyse. Et les deux entreprises dont les donnés proviennent avaient pour l’essentiel leur clientèle en Asie et dans les territoires de l’ancienne URSS, ce qui explique que peu de noms européens apparaissent.

 

Les réactions ne se sont pas fait attendre, donnant la mesure de l’évènement. Celle de l’OCDE, qui marche sur des œufs pour avoir mis l’éteignoir sur le dossier et qui prétend aujourd’hui qu’il y a « une base légale pour mener des enquêtes » (sous-entendant grâce à elle), alors que leurs moyens n’ont jamais été le principal problème. « L’information est maintenant publique » reconnait dans une interview à l’AFP Pascal Saint-Amans, sans y être pour quelque chose, qui croit pouvoir ajouter « cela ne peut pas faire de mal ». Il ne manquerait plus qu’il dise le contraire !

 

Le prochain sommet du G8, qui aura lieu les 17 et 18 juin prochains et sera précédé d’une réunion des ministres des finances avait inscrit à son ordre du jour la lutte contre l’évasion fiscale. Cela tombe bien, à la petite réserve près que ce sommet sera présidé par David Cameron, premier ministre du plus important des paradis fiscaux. Olivier Bailly, le porte-parole de la Commission a eu des mots déterminés en faisant état de sa « position très ferme sur la fraude fiscale en général », évaluant à 1.000 milliards d’euros l’évasion fiscale annuelle. Mais il a détruit son effet en éludant une question sur le Luxembourg. Car il faut quand même se rappeler que si Jérôme Cahuzac était ministre du budget, le chef de file de l’Eurogroup était le premier ministre luxembourgeois ! Il y a donc du chemin à faire.

 

Que faut-il attendre de ces organisations et ces instances, vu leurs déclarations tonitruantes précédentes restées lettre morte ? Peut-on croire que les gouvernements européens, à la recherche de ressources fiscales, vont enfin se décider à agir, sur ce dossier comme sur son petit frère de l’optimisation fiscale ? Déjà, la droite française propose une amnistie fiscale sur le modèle de celle de Berlusconi en Italie, assortie pour les fonds rapatriés d’une taxation à hauteur de 5% (un cadeau), qui serait annulée en cas d’investissement dans la création ou la reprise d’entreprises françaises… Selon certaines estimations, l’évasion fiscale se chiffrerait à 40 milliards d’euros par an, ce qui rapporterait au maximum deux milliards. Non, tous les mécanismes sont parfaitement connus, il suffit de les démonter.

 

Ce qui est nouveau, ce n’est pas la révélation de l’ampleur de la finance de l’ombre (le Guardian annonce que 177.000 entreprises britannique auraient comme siège un centre offshore, notamment dans l’Ile de Man et les îles Vierges britanniques, où cela fait beaucoup au mètre carré), ni les noms de personnalités connues qui ont émergé ou vont le faire, ce sont les nouvelles vocations qui s’affirment.

 

Tout le travail qui a été réalisé est en effet le fruit de la collaboration en réseau de journalistes d’investigation qui généralement travaillent en solitaire, donnant une idée de la puissance d’une telle pratique. L’initiative du groupe de travail de l’Assemblée sur l’exil fiscal vient de suivre, rendant publique l’existence d’un rapport émanant d’un « collectif d’officiers du renseignement intérieur » critiquant le travail de la DCRI auquel ils appartiennent. Il en ressort, d’après « La Croix » qui en a pris connaissance, que la fraude fiscale est surveillée de très près mais ne fait pas l’objet de signalement aux autorités judiciaires.

 

Si les uns après les autres les bouches et les dossiers s’ouvrent…

 

François Leclerc, 5 avril 2013. pauljorion.com

 

 

 

 

Offshoreleak : les noms de personnalités dévoilées

dans « les prochains jours »

 

 

 

A la différence de la campagne Wikileaks, aucun journal algérien n’est associé au Consortium des journalistes indépendants (ICIJ), cette ONG anti-corruption qui exploite les documents dits Offshoreleaks. Elle a commencé à publier les noms des sociétés et personnalités disposant de comptes dans les paradis fiscaux.

Les Algériens ne seront toutefois pas oubliés selon El Watan : L’ICIJ a annoncé, hier, que des noms de personnalités et de sociétés algériennes possédant des comptes offshore allaient être dévoilés «au cours des prochains jours».

 

 

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