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Publié par Saoudi Abdelaziz

Barak Ravid, le journaliste du quotidien israélien Haaretz, note à propos du rapport américain : « Ces attaques ne se limitent pas aux quelques cas réper­toriés par le Rapport états-​​​​unien. Elles sont beaucoup plus nom­breuses, et elles com­portent en général des attaques de maisons dans des vil­lages, des incendies de champs et d’oliveraies, et de vio­lentes attaques phy­siques contre les vil­la­geois, souvent sous l’œil impas­sible de l’armée. Leurs auteurs ne sont pas inquiétés. »

 

 

 

 Pour la pre­mière fois, le Dépar­tement d’état amé­ricain définit la vio­lence des colons comme du terrorisme

 

 

 

Par Barak Ravid, Haaretz, 20 août 2012

 

 

 

Dans son rapport annuel sur le ter­ro­risme dans les pays étrangers, un rapport du gou­ver­nement U.S. définit les attaques dites "prix à payer" contre les Pales­ti­niens en Cis­jor­danie comme des actes de terreur.

 

 

 

Pour la pre­mière fois, le dépar­tement d’état amé­ricain a cité la vio­lence des colons contre les Pales­ti­niens en Cis­jor­danie sous le titre "inci­dents ter­ro­ristes" dans son Rapport annuel sur le ter­ro­risme par pays. Le rapport états-​​unien par pays – qui dresse le por­trait des acti­vités ter­ro­ristes autour du monde – cite sept "inci­dents ter­ro­ristes" en Israël, à Gaza et en Cis­jor­danie. A côté des attaques de roquettes de Gaza, le rapport iden­tifie trois inci­dents "prix à payer" – un terme main­tenant utilisé pour décrire, entre autres, les attaques contre des biens pales­ti­niens pour venger des vio­lences faites aux colons [1]. Le rapport cite les actes de van­da­lisme du cime­tière musulman Mamilla à Jéru­salem, l’incendie cri­minel d’une mosquée à Jéru­salem en décembre, et un autre incendie cri­minel de mosquée dans le village de Burqa en décembre

 

 

 

Le rapport indique aussi que 10 mos­quées ont été van­da­lisées ou incen­diées en Cis­jor­danie en 2011, et que les auto­rités israé­liennes estiment qu’elles ont été per­pé­trées par des colons, suite à six inci­dents sem­blables en 2010 et un en 2009.

 

 

 

Le rapport, publié le 13 juillet, déclare que l’Officier général com­mandant du Com­man­dement central [2] Avi Mizrahi s’est référé aux attaques contre les Pales­ti­niens et les contre les biens des Pales­ti­niens comme étant de la terreur.

 

 

 

Le Dépar­tement d’état se réfère aussi à l’attaque de décembre contre le QG de la brigade Ephraïm des Forces de défense israé­liennes dans la section "Répondre à la radi­ca­li­sation et à l’extrémisme violent". Il note que l’incident "a déclenché un débat public en Israël sur le phé­nomène de la vio­lence des colons", et que "les res­pon­sables poli­tiques et de la sécurité se sont engagés à mettre en place dif­fé­rentes mesures pour juguler et punir ces attaques violentes".

 

 

 

Au même moment, ven­dredi, un fonc­tion­naire du Dépar­tement d’état a condamné avec force l’attaque à la bombe incen­diaire, la veille, d’un taxi pales­tinien, qui a blessé six per­sonnes, dont deux enfants. Des extré­mistes juifs sont soup­çonnés d’avoir mené cette attaque.

 

 

 

"Les Etats-​​Unis condamnent dans les termes les plus forts l’attaque d’hier contre un taxi pales­tinien en Cis­jor­danie", a déclaré ven­dredi la porte-​​parole du Dépar­tement d’état Vic­toria Noland. "Nous exprimons notre com­passion la plus pro­fonde aux vic­times, parmi les­quelles se trouvent des enfants, et nous espérons leur gué­rison rapide. Nous remar­quons que le gou­ver­nement israélien a aussi condamné cette attaque hai­neuse et qu’il s’est engagé à tra­duire les auteurs en justice. Nous attendons des res­pon­sables de l’application du droit israélien qu’ils le fassent avec effi­cacité. Nous demandons à toutes les parties d’éviter toute action qui pourrait amener à une escalade de la violence."

 

 

 

Le Pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne Mahmoud Abbas a déclaré ven­dredi lors d’une interview à la radio que les attaques de colons se déroulent "à l’ombre de la pro­tection que leur donne l’armée d’occupation israélienne."

 

 

 

Abbas a déclaré que l’armée israé­lienne pourrait stopper les vio­lences si elle le voulait. Il a ajouté ces attaques étaient "la preuve de la poli­tique raciste qui se terre tou­jours dans la men­talité de cette armée et des colons."

 

 

 

A la suite de l’inquiétude, en Israël, que cette attaque conduise à une vio­lence de grande ampleur en Cis­jor­danie, le bureau du premier ministre Ben­jamin Neta­nyahou a déclaré que l’envoyé du premier ministre Isaac Moho avait fait la démarche inha­bi­tuelle de télé­phoner à Abbas et au premier ministre Salam Fayyad pour les informer que Neta­nyahou avait demandé aux forces de sécurité de tout faire pour arrêter les agres­seurs. Mohlo a aussi, parait-​​il dit aux res­pon­sables pales­ti­niens que Neta­nyahou avait l’intention de suivre per­son­nel­lement le trai­tement médical des vic­times en Israël. Lors d’incidents "prix à payer" pré­cé­dents, y compris lors des incendies cri­minels de mos­quées, Neta­nyahou s’était contenté d’une condam­nation publique des attaques.

 

 

 

Traduction AFPS/​RP. Lien : francepalestine.org

 

 

 

[1] Les attaques des colons contre des Pales­ti­niens, que les premier qua­li­fient de "prix à payer", sont parfois des opé­ra­tions de repré­sailles col­lec­tives contre des actions attri­buées à des Pales­ti­niens. Mais elles sont très souvent des ven­geances, sur les Pales­ti­niens, contre des déci­sions des auto­rités israé­liennes qui déplaisent aux colons, comme par exemple des arres­ta­tions de colons ou des déci­sions de déman­tè­lement d’avant-postes illégaux (en droit israélien). Ces attaques ne se limitent pas aux quelques cas réper­toriés par le Rapport états-​​​​unien. Elles sont beaucoup plus nom­breuses, et elles com­portent en général des attaques de maisons dans des vil­lages, des incendies de champs et d’oliveraies, et de vio­lentes attaques phy­siques contre les vil­la­geois, souvent sous l’œil impas­sible de l’armée. Leurs auteurs ne sont pas inquiétés. Par consé­quent, aussi limitée soit-​​​​elle, la recon­nais­sance offi­cielle de ces actions par les auto­rités US comme du ter­ro­risme est une avancée importante.

 

[2] Le Com­man­dement central est le centre de com­man­dement des unités de l’armée dans la région cen­trale (en latitude) d’Israël et de la Cis­jor­danie occupée.

 

 

 

 

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