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Publié par Saoudi Abdelaziz

Georg Lukács ou György Lukács ( 13 avril 1885 - 4 juin 1971 ) est un philosophe marxiste et un sociologue de la littérature hongrois d'expression allemande. György Lukács né à Budapest, fait des études de philosophie en Allemagne et obtient son doctorat ès lettres en 1906. Il devient l'assistant de Max Weber. En 1917, il adhère au marxisme et entre au Parti communiste. Il participe à la République des conseils de Hongrie de 1919 (dirigée par Béla Kun, dont il est commissaire à l'Instruction).

 

Description de l'image Lukács György.jpg.

 

 

 

(…) C’est dans cet état de fermentation idéologique que me trouvèrent les révolutions de 1917 et 1918. Après une brève hésitation, je rejoignis en décembre 1918 le parti communiste hongrois, et suis resté depuis lors dans les rangs du mouvement ouvrier révolutionnaire. Le travail pratique exigea aussitôt un intérêt plus intense pour les écrits économiques de Marx, une étude renforcée de l’histoire, de l’histoire économique, de l’histoire du mouvement ouvrier etc. une révision incessante des bases philosophiques.

 

Ce combat pour une compréhension véritable et totale de la dialectique marxiste a cependant duré très longtemps. Les expériences de la révolution hongroise me montraient assurément de manière très nette la faiblesse de toute théorie axée sur le syndicalisme (rôle du parti dans la révolution), mais un subjectivisme d’ultragauche est cependant resté encore longtemps vivace en moi (Position dans le débat sur le parlementarisme, 1920, sur l’action de mars, 1921. Cela m’empêchait en premier lieu de comprendre de manière véritable et juste l’aspect matérialiste de la dialectique, dans toute son importance philosophique globale.

 

Mon livre Histoire et conscience de classe montre très clairement cette transition. En dépit de l’effort déjà conscient de surmonter et de « dépasser » Hegel par Marx, des questions décisives de la dialectique étaient encore résolues de manière idéaliste (la dialectique de la nature, la théorie du reflet etc.). La théorie luxemburgiste de l’accumulation, à laquelle je m’en tenais encore, se mêlait de manière disparate à un activisme subjectiviste d’ultragauche.

 

Seule l’union avec le mouvement ouvrier révolutionnaire issue d’une pratique de longue durée, seule la possibilité d’étudier les œuvres de Lénine, et de les comprendre, peu à peu, dans toute leur importance fondamentale, m’ont introduit dans la troisième période de mon intérêt pour Marx. C’est alors seulement, après presque une décennie de travail pratique, après bien plus d’une décennie de confrontation théorique avec Marx, que le caractère global et unitaire de la dialectique matérialiste s’est concrètement clarifié pour moi.

 

Mais cette clarté même nous conduit à admettre que l’étude véritable du marxisme ne fait maintenant que commencer et ne connaîtra jamais de repos. Comme Lénine le dit en effet de manière frappante : « le phénomène est plus riche que la loi … et par là la loi, toute loi, est étroite, incomplète, approchée. » Cela veut dire : quiconque s’imagine avoir compris une fois pour toutes les phénomènes de la nature et de la société sur la base d’une connaissance du matérialisme dialectique, aussi vaste, large et profonde soit-elle, s’éloigne obligatoirement de la dialectique vivante pour retomber dans une rigidité mécaniste, s’éloigne du matérialisme globalisant pour retomber dans une unilatéralité idéaliste. Le matérialisme dialectique, la doctrine de Marx, il faut, journellement, heure par heure, se les reconquérir par le travail pratique, se les réapproprier (...).

 

 

Georg Lucaks, Mon chemin vers Marx (1933).

 

Texte intégral : le blog des amis de Georges Lucaks

 

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