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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Après trois jours de pluie, la ville d’Oran étaient noyées, en de nombreux endroits. La météo révèle le sous-équipement des quartiers populaires et l'incurie des pouvoirs publics. Pendant que les agents de la Seor et ceux de la Protection civile se dévouaient auprès des habitants, "les élus d'Oran se disputaient les premières places du spectacle de Djamel Debbouz." Compte-rendus

 

 

 

Plusieurs quartiers de la ville fermés par des citoyens en colère

 

 

 

Oran a «fondu» sous la pluie faute d'un réseau d'assainissement efficace et qui a montré toutes ses lacunes malgré les nombreuses opérations de replâtrage engagées ces derniers mois. Hier, la population est sortie manifester son ras-le-bol à Sidi Chahmi et El-Barki, des zones inondables dans lesquelles des milliards de centimes ont été injectés dans des opérations de protection qui se sont avérées inefficaces. A Sidi Chahmi, la population a passé deux nuits à la belle étoile. Les habitants des sites précaires n'ont dû leur salut qu’à l'intervention des équipes de la Société oranaise des eaux et d'assainissement (SEOR), sur la brèche depuis mardi matin. «Les agents de la SEOR sont restés avec nous toute la nuit. Ils ont été très sollicités», dira un habitant de Sidi Chahmi qui ne manquera pas de pester contre les élus locaux.


«Ils sont venus en spectateurs au lieu de faire l'effort de solliciter de l'aide. Les élus d'Oran se sont disputés mercredi les premières places du spectacle de Djamel Debbouz au moment où de nombreux endroits de la ville étaient noyées sous des trombes d'eau», fera-t-il remarquer, avant de préciser que les prix des billets de ce spectacle, au marché noir, ont été vendus à 15 000 DA.

A Batimate Taliane, ce fut une nuit de cauchemar pour les familles habitant les rez-de-chaussée d’immeubles. Les équipes de la SEOR et de la protection civile se sont relayées pour curer les avaloirs et déboucher les réseaux d'évacuation d’eaux de pluie.
Un citoyen rencontré sur les lieux dira toute sa colère. «J'ai mis mes enfants dans la voiture pour éviter qu'ils ne restent dans mon appartement qui est inondé. On veut faire d'Oran une métropole alors qu'elle ne peut même pas prétendre au statut de grand gourbi. En nous laissant patauger dans la boue, ils veulent nous pousser au découragement pour accepter n'importe quelle condition de déménagement. Nous allons rester ici. Nos enfants sont nés dans cette cité. Nous n'acceptons pas le chantage des autorités locales», dira-t-il.

Au niveau du centre d'appels de la police, la mobilisation était à son comble. Aux environs de 4 h du matin, un policier contacté pour solliciter une intervention de secours dira : «Nous avons fait le nécessaire pour Batimate Taliane. Des équipes de la Protection civile se déplaceront sur les lieux. Vous savez, nous sommes débordés d'appels de partout, il faut patienter, les secours arrivent».

Une demi-heure plus tard, deux camions de la SEOR, escortés par un véhicule de la police sont arrivés sur les lieux pour reprendre les même gestes réalisés dans la matinée et les mêmes opérations. Un agent dira pour expliquer cette situation : «Les canalisations du réseau d'assainissement sont sous-dimensionnées. Ils ont construit de nouvelles habitations et cités qu'ils ont raccordées au réseau de Batimate Taliane, c'est ce qui explique ce qui se passe».

 

Deux décès et des dégâts

 

 

A Misserghine, la situation n'était guère plus reluisante. L'oued est sorti de son lit pour inonder des habitations. Les eaux sont parvenues jusqu'à Aïn El-beida.

 

Dans le quartier des Planteurs, un éboulement a provoqué un vent de panique parmi la population. «Nous avons nos pré-affectations de logements depuis janvier 2012, et au lieu de nous libérer du calvaire que nous vivons au quotidien, ils veulent attribuer les nouveaux logements réceptionnés aux habitants de Batimate Taliane. De qui se moque-t-on ?»


L'éboulement provoqué par les pluies a arraché de gros rochers qui sont allés s'écraser contre des voitures qui étaient en stationnement en contrebas. Heureusement qu'il n'y avait personne à l'intérieur, sinon ç’aurait été un véritable drame. Hier, les habitants de Petit Lac, d'El-barki, de Sidi Chahmi et de Scalera sont sortis manifester.


Et à l'heure où nous mettons sous presse, le face-à-face policiers et jeunes en colère se poursuivait dans de nombreux coins de ces quartiers. La population excédée par les nombreuses promesses faites chaque été et jamais tenues est sortie pour bloquer la circulation automobile et faire entendre sa voix. «De grosses sommes d'argent ont été englouties dans des travaux de viabilisation qui n'ont jamais abouti.


On veut encore consacrer 1,39 milliard de dinars à des opérations qui ne seront que du replâtrage parce qu'avant d'engager de nouveaux travaux, il faudrait voir ce qui n'a pas marché avec les précédentes opérations», affirment des citoyens.
Des sources hospitalières ont indiqué un décès dans un
effondrement et un autre dans un accident de la circulation au moment où la protection civile a enregistré entre mercredi et jeudi près de 200 interventions pour secourir des citoyens et détresse.

 

27 avril 2013. letempsdz.com

 

emeutes

 

Débuts d’émeutes dans plusieurs quartiers à Oran

 

Trois jours après cette pluie printanière, une véritable aubaine tombée du ciel pour notre agriculture et pour les céréales qui avaient tant besoin de ce complément hydrique pour renforcer le futur rendement lors des prochaines moissons, le soleil brilla encore une fois avec ses plus beaux apparats en ce vendredi amenant avec ses rayons des émeutes dans les quartiers de petit lac (hai Dhaya) et El Barki (Fillaoucen).

 

Car si miraculeuse qu’elle fut, cette pluie était fine et pernicieuse, elle a attaqué doucement et surement les fondations et les terrasses des maisons et s’est infiltrée dans toutes les fissures des vieilles constructions en causant d’innombrables dégâts.

 

Ces derniers ont été aggravés par les mauvais travaux d’assainissements des eaux pluviales réalisés ou non par les pouvoirs publics car comme dirait l’autre « Dés qu’il pleut, nos défauts surgissent ».

 

Jeunes, femmes, hommes et enfants sont sortis pour bloquer le boulevard périphérique allant du rond point d’El Bahia vers la cité Emir Abdelkader dans la région du petit lac et au niveau du branchement d’El Barki avec des barrières de fortune et en brulant des pneus et toute matière inflammable.

 

D’après notre constat, la population est chauffée à blanc et toute intervention musclée pourra déclencher le feu aux poudres car au delà des dommages des intempéries, il semble que les revendications s’expriment plus largement.

 

Tout véhicule qui se hasarde a emprunter ces routes est automatiquement « caillassé ». Pour le moment, les services de sécurité se contentent d’observer et d’interdire les accès en amont et en aval des points chauds.

 

La nuit à Oran risque d’être très chaude

 

26 avril 2013. jcalgerie.net

 

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