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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Après la publication de l’analyse de Mohamed Tahar Bensaada dans Oumma.com, mettant en cause l'exploitation des attentats par les éradicateurs, nous livrons l'opinion de Tayeb Belghiche, l’éditorialiste d’El Watan, éradicateur bon teint.

 

 

L’Algérie minée

Editorial de Tayeb Belghiche. El Watan, 28 août 2011

 

Le terrorisme islamiste redouble de férocité et d’efficacité. Il a frappé un grand coup vendredi soir en s’attaquant à l’Académie militaire de Cherchell, un sanctuaire auquel il n’a jamais osé s’attaquer depuis son apparition sur la scène algérienne en 1989. Immédiatement après la rupture du jeûne, deux kamikazes se sont fait exploser dans le mess des officiers provoquant un véritable massacre. Une opération audacieuse qui en dit long sur les nouvelles capacités de nuisance des islamistes devenus très actifs depuis plusieurs semaines, en semant mort et désolation, particulièrement en Kabylie.

 

Un tel regain de violence n’est pas fortuit. Depuis plusieurs mois, les islamistes ont redoublé d’activité et d’agressivité. Un criminel comme Belhadjar s’avance même jusqu’à dire que les activistes du GIA et de l’AIS, qui ont déposé les armes, ne sont pas des «repentis» mais des gens qui ont rendu service à l’Algérie. Il estime même que l’ex-FIS va revenir sur la scène politique, alors qu’il a été dissous par décision de justice et que des contacts en ce sens sont en cours avec les anciens criminels. Cet homme, dont la place, logiquement, est derrière les barreaux, n’aurait pas tenu un tel discours s’il n’avait pas des assurances de la part des gens du pouvoir. Il fallait s’attendre à de telles dérives.

 

Dès son installation à El Mouradia, Abdelaziz Bouteflika avait annoncé la couleur en affirmant qu’il se sentait plus proche des islamistes que des démocrates. Depuis, toute sa politique a consisté à encourager les premiers à essaimer et à se développer au sein de la société pour la gangrener totalement et l’entraîner dans un obscurantisme irréversible. Pour cela, il met en place un instrument qui fera des dégâts incroyables : la charte pour la paix et la réconciliation nationale qui accorde le pardon à tous les terroristes sans exception et même des privilèges financiers. Tout cela accompagné d’une opération de démobilisation totale du peuple, particulièrement la société civile à l’égard du phénomène islamiste.

 

Opération réussie, si l’on sait que les émirs les plus cruels ont été transformés en honorables citoyens devant lesquels toutes les portes s’ouvrent, y compris dans des lieux où le citoyen ordinaire et les patriotes qui ont combattu le crime islamiste n’ont pas droit d’accès. Cela devient même une stratégie pour baliser la voie à une prise totale du pouvoir par ceux qui ont tété la mamelle de l’obscurantisme et du wahhabisme. Une politique qui ne peut évidemment qu’encourager le développement du terrorisme. Une stratégie que le pouvoir finissant a adoptée pour laisser l’Algérie aux mains des ennemis de la liberté, de la démocratie et de la modernité, après son retrait de la scène politique. Un comportement criminel pour punir tout le peuple algérien. De ce fait, un débat sur le bilan catastrophique de la charte pour la réconciliation nationale s’impose. Car ce régime nous mène tout droit à la débâcle, qui sera à l’image de nos échecs sur le plan économique.

 

 

 

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