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Publié par Saoudi Abdelaziz

     

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Mme Hillary Clinton est attendue à Alger. L’APS précise : « Cette visite interviendra à moins d’une quinzaine de jours de la première session du Dialogue stratégique algéro-américain tenue le 19 octobre en cours à Washington ». Il y a quelques jours c’est M. Fabius qui nous proposait un « partenariat stratégique », tandis que, toujours selon l’APS, le ministre de l’intérieur français assurera que La France a besoin de "l’expérience du président Bouteflika" et de "la parole de l’Algérie" au sujet des grandes questions diplomatiques, plus particulièrement la situation dans le Sahel. Kharroubi Habib analyse dans le Quotidien d'Oran, le concept de partenariat stratégique "si en vogue en ces temps où les rapports de force mondiaux sont en pleine recomposition sur fond de luttes féroces de rivalité".

 

 

 

 

Partenariat stratégique : cela signifie quoi?

 

 

Par Kharroubi Habib

 

 

Exit le projet de «traité d'amitié» entre l'Algérie et la France envisagé par les présidents Bouteflika et Chirac mais inabouti pour cause de guerre mémorielle non réglée. Enfoui de ce fait dans les tiroirs des diplomaties des deux Etats, son enterrement définitif a été officialisé dimanche par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a affirmé que l'Algérie et la France sont « décidées à rebâtir leurs relations sur la base d'une nouvelle approche : le partenariat stratégique ». Nous ferons remarquer au passage que le chef de la diplomatie française a évoqué ce concept de «partenariat stratégique » à atteindre dans les relations algéro-françaises alors que prenaient fin à Washington des discussions entre officiels algériens et américains censées avoir porté sur la conclusion d'un partenariat de même nature entre l'Algérie et les Etats-Unis.

Ce concept de « partenariat stratégique » n'a pour l'heure de visibilité que pour les autorités et diplomates qui en discutent. Pour l'opinion, en Algérie du moins, le pompeux de son intitulé n'impressionne nullement. Il faut bien par conséquent qu'on lui explique ce qu'un partenariat de la sorte a de différent de ceux que l'Algérie a noués avec d'autres partenaires. Quel est le plus qu'il apporte aux relations s'établissant entre les Etats qui le contractent ?

Le seul concept de « partenariat stratégique » qui nous semble être pris en compte par les Etats est celui qui va dans le sens de leurs intérêts nationaux. Aussi sommes-nous en droit d'estimer qu'à chaque fois qu'un « partenariat stratégique» se conclut entre des puissances d'inégales forces au plan économique, du développement et de la force militaire, il l'est au détriment des intérêts nationaux de la plus faible. Que veut la France en cherchant à établir un «partenariat stratégique » avec l'Algérie sinon un instrument et un habillage juridique qui accroîtraient la présence française sur le marché algérien et son influence dans le pays. Quelles sont les contreparties que l'Algérie se verraient accorder ? Du côté français, Laurent Fabius a esquissé ce qu'un «partenariat stratégique » entre l'Algérie et la France devrait englober : les domaines économique, éducatif, énergétique et pourquoi pas militaire. Autant presque de domaines où l'Algérie est demandeur plus que fournisseur.

   

 

Il nous paraît que le « partenariat stratégique » si en vogue en ces temps où les rapports de force mondiaux sont en pleine recomposition sur fond de luttes féroces de rivalité, n'est qu'un concept masquant la volonté des grandes puissances protagonistes de ces luttes de soumettre à leurs influences respectives les Etats plus faibles dont les positions géographiques, les ressources énergétiques ou en matières premières en font des pays qu'il ne faut pas abandonner à l'influence des adversaires.

Voilà ce que nous comprenons de ce brumeux concept de «partenariat stratégique» quand ses contractants sont des Etats aux puissances à tout point de vue asymétriques. Comme c'est le cas pour l'Algérie avec la France ou les Etats-Unis. Des partenariats de cette nature entre l'Algérie et des pays du «Sud » ont par contre réellement raison d'être car clairement établis sur la base du « donnant donnant » « gagnant gagnant ».

 

 

Le Quotidien d’Oran, 24 octobre 2012

 

     

 

 

 

 

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