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Publié par Saoudi Abdelaziz

Si tout se passe comme prévu, les Algériens apprendront, le 12 septembre prochain, le verdict qui sera rendu par le tribunal d'Ouargla dans l'un des procès les plus singuliers de l'histoire de la justice algérienne : celui de deux jeunes habitants de la capitale du sud-est coupable d'avoir «tenté de s'immoler par le feu».

Bien sûr, le magistrat qui a décidé du chef d'inculpation et de sa formulation n'a pas poussé le cynisme jusqu'à reprocher aux deux jeunes chômeurs de mettre fin à leurs jours. Il a alors trouvé, à moins que quelqu'un d'autre n'ait trouvé pour lui, quelque chose d'autre : les accuser d'avoir tenté, dans la foulée de leur suicide, d'incendier un centre d'entraînement de la police régionale. Une sorte de «dommage collatéral» programmé, et en connaissance de cause !

 

En dépit du fait qu'il soit difficile de s'attarder sur les circonstances «techniques» et «matérielles» de la tentative de suicide des deux jeunes Ouarglis, on a quand même appris de la bouche de Madani Madani, que les «accusés» étaient loin de ce centre d'entraînement au moment où ils ont tenté de mettre fin à leurs jours.

 

M. Madani aurait certainement pu se passer de cette formule un peu trop emphatique pour la circonstance : «Ce procès est éminemment politique», a-t-il dit, mais on savait déjà ce qu'au fond on reprochait aux deux… miraculés. Ils sont connus pour leur engagement dans le combat des chômeurs locaux.

 

Et les chômeurs locaux sont d'Ouargla, ils veulent  donc du travail à Hassi Messaoud. Non seulement ils revendiquent leur part de l'immense richesse que renferme la région, mais en revendiquant, ils dénoncent un gigantesque trafic. Des «contrats» aussi grassement rémunérés que ceux du «milieu».

Trop grassement rémunérés pour que ceux qui en tirent les ficelles et les dividendes s'accommodent d'un mouvement «politique» à leur porte. Un procès pour l'exemple, donc.

 

Quand on veut se suicider, il vaut mieux aller très loin des torches, surtout pour quelqu'un de connu pour ses états de service au sein d'un comité de défense des droits des chômeurs. En requérant deux ans de prison ferme à l'encontre des deux «accusés», le ministère public a annoncé la couleur. Bien sûr, d'ici le 12 septembre prochain, une autre issue… politique pourra être trouvée.

 

Mais les procès pour l'exemple ont ceci de commun avec les procès singuliers : la sévérité du verdict comme sa «clémence» sont de la même nature, puisqu'ils servent la même cause.

 

laouarisliman@gmail.com. Point net. Le Temps d’Algérie, 7 septembre 2011

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