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Publié par Saoudi Abdelaziz

La question est posée par le correspondant new-yorkais du quotidien économique Les Echos qui note que cette réélection est compromise par l’aggravation des difficultés des Américains et par « le parcours chaotique » de l’économie.

 

 

 

Obama tente d'enrayer sa chute de popularité sur sa gestion économique

 

Par Pierre de Gasquet

 

Face à la série de signaux négatifs, Barak Obama a vu sa côte de popularité tomber à son plus bas niveau depuis janvier (à 45%) face au républicain Mitt Romney qui le devance sur l’économie.

 

Tout faire pour éviter le destin de Jimmy Carter face à Ronald Reagan en 1980. Après la série de signaux inquiétants sur le fléchissement de la reprise - le dernier en date étant le recul des ventes de détail (- 0,2 %) mercredi, après la révision à la baisse du PIB au premier trimestre (à 1,9 %) et la remontée du chômage à 8,2 % en mai -, Barack Obama  a tenté hier à Cleveland, dans l'Ohio, de recaler son discours sur le terrain crucial de la gestion de l'économie. Sans pouvoir annoncer de nouvelles mesures pour l'emploi, Barack Obama a surtout voulu remettre les « pendules à l'heure » sur la situation héritée de George W. Bush. Un recadrage d'autant plus urgent que le président sortant voit son écart se réduire dangereusement avec Mitt Romney dans les derniers sondages, le candidat républicain le devançant désormais (à 46 % contre 43 %) sur la gestion de l'économie.

 

1 point d'écart avec Romney

 

 

« L'économie suit un parcours chaotique et c'est ce qui va déterminer par-dessus tout l'avenir du président Obama. Il est clair que la frustration de l'opinion sur l'économie se répercute directement sur son score », estime Chris Jackson d'Ipsos. Selon le dernier sondage Reuters-Ipsos publié le 12 juin, le taux des mécontents a bondi de 6 points en un mois (à 63 %), Barack Obama voyant désormais son avance se réduire à 45 % contre 44 %, face à Mitt Romney, contre un écart favorable de 7 points il y a un mois. A moins de cinq mois des élections du 6 novembre, le président démocrate doit impérativement regagner du terrain auprès des « indépendants » particulièrement sensibles aux pressions économiques. La publication du dernier rapport triennal de la Fed sur la richesse des ménages, qui fait état d'un recul de 38,8 % de leur patrimoine médian entre 2007 et 2010, n'a pas contribué à améliorer les choses, même si la Maison-Blanche souligne que c'est entièrement lié à la «bulle immobilière et à la crise financière » héritées des années Bush et que la situation s'est améliorée depuis.

 

Face à la dégradation de la conjoncture assombrie par « l'épée de Damoclès européenne », plusieurs stratèges du Parti démocrate réclament un ajustement radical du dispositif de campagne. « Nous allons dans le mur en novembre si nous ne changeons pas de discours en remettant la reprise dans son contexte et en insistant sur la classe moyenne », estiment les stratèges démocrates Stan Greenberg, James Carville et Erica Seifert, dans un « mémo » largement commenté. Jusqu'ici, le président sortant a surtout argué de l'inertie du Congrès et de l'impact de la crise européenne pour justifier les « vents contraires » sur l'économie. Mais sa récente petite phrase sur le fait que « le secteur privé se porte bien » - avec 4,3 millions d'emplois créés en vingt-sept mois -, a suscité les moqueries des républicains qui y voient le signe de sa « déconnexion » des réalités. De leur côté, Barack Obama et Bill Clinton ont habilement mis en garde les électeurs sur les dangers d' « une politique d'austérité à l'européenne » préconisée par le camp républicain.

 

Jusqu'ici, Bill Clinton est le seul président démocrate à avoir réussi à enchaîner 2 mandats pleins depuis Franklin Delano Roosevelt, avec une marge de 9 points d'avance en 1992.

 

 

Pierre de Gasquet, 15 juin 2012, bureau de New-York. Les Echos.fr

 

 

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