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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Alain Gresh-« Les pays occidentaux ont tenté d’affirmer publiquement qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Ceci est faux, et diverses confidences « off » de diplomates américains et européens ont confirmé le rôle néfaste de la France, qui exigeait notamment de l’Iran qu’il renonce à l’enrichissement de l’uranium, une revendication dont tout le monde sait qu’elle est inacceptable (et qui n’est vraiment demandée que par Benjamin Nétanyahou qui a, comme Laurent Fabius, exprimé son hostilité à l’accord).

Ainsi, parmi d’autres, Reza Marashi, directeur adjoint du National Iranian American Council (NIAC), un think tank animé par des Américains d’origine iranienne, présent à Genève, raconte sur son compte twitter comment Fabius « a fait de la vie de Kerry un enfer », et rapporte cette confidence d’un diplomate européen : « il y avait un accord en vue jusqu’à ce que les Français lancent une grenade (a curveball,terme de baseball intraduisible). Toute la journée il a fallu limiter les dégâts » (9 novembre).

(…) On pourrait multiplier les citations et les confidences qui toutes confirment une réalité : la France n’exprime désormais sa différence avec les Etats-Unis que pour aller dans un sens plus intransigeant, plus néoconservateur. Elle le fait en accord avec deux de ses alliés, Israël et l’Arabie saoudite. Fabius a déclaré qu’il fallait prendre en compte les craintes israéliennes sur sa sécurité — rappelons qu’Israël possède au moins deux cents têtes nucléaires (« Iran nuclear deal unlikely as split emerges in Western camp : diplomats », Reuters, 9 novembre). La monarchie wahhabite, concurrente de l’Iran, profondément impliquée en Syrie, est quant à elle désormais régulièrement consultée par Paris sur ce dossier. C’est sans doute la manière qu’a la France de soutenir les printemps arabes.

 

 

Iran : Pourquoi la France est aussi intransigeante ? Sous ce titre, Georges Malbrunot écrit notamment :

 « Face à une direction iranienne qui a changé, il convient de signaler la continuité de l’équipe de diplomates français qui gèrent depuis des années le dossier Iran depuis Paris ou à l’ONU, que leurs détracteurs dépeignent avec malice comme des « ayatollahs de l’anti prolifération » ou de « grands admirateurs d’Israël », voire parfois les deux en même temps… A toutes ces raisons, s’ajoute avec François Hollande une autre explication : le facteur saoudien. L’Arabie saoudite se tient elle aussi vent debout contre un Iran nucléaire. Mais au-delà, Ryad redoute l’expansionnisme irano-chiite dans le monde arabe, que ce soit chez elle, à Bahreïn, en Irak, au Liban et bien sûr en Syrie, où la chute de Bachar el-Assad – alliée de l’Iran - a été définie comme une priorité par la monarchie wahhabite. Or sur la Syrie, Paris et Ryad convergent largement, même si certaines livraisons d’armes saoudiennes ne vont pas tout à fait aux rebelles que la France privilégie. Pas de quoi jeter une ombre sur une relation bilatérale décrite par le Quai d’Orsay comme extrêmement prometteuse.

Depuis le début de l’année, cinq milliards d'euros de contrats ont en effet été signés au profit d'entreprises françaises, et cinq autres sont attendus d’ici au 1er janvier. « En 2014, c’est également dix milliards d'euros de contrats qui devraient être remportés par nos entreprises », se félicite un diplomate français.

« L’Arabie saoudite apparait de plus en plus comme un pôle de stabilité et de développement majeur dans le monde et cela justifie notre investissement avec ce grand pays émergent », insiste le diplomate. Seul petit problème : la signature d’un très important contrat de plusieurs milliards d'euros - avec plusieurs centaines d’emplois menacés en France – est, pour une raison inexpliquée, actuellement en carafe. Montrer que la France se bat pour un accord le plus contraignant possible pour l’Iran ne peut qu'être bien vu actuellement à Ryad.

Car l’entourage de Laurent Fabius semble peu douter que lors du prochain round de pourparlers le 20 novembre, un accord sera finalement trouvé. Ainsi la France pourra-t-elle affirmer que grâce à son intransigeance, la sécurité du Moyen-Orient aura été préservée. Une rhétorique déjà entendue il y a deux mois lors de la crise chimique en Syrie, mais qui n'avait alors pas vraiment convaincu. 

 

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