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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

«Les droits du défunt c’est notre première revendication», affirment les 2000 grévistes de Tonic Industrie qui veulent que toute la lumière soit faite sur les conditions de l’accident du travail qui a coûté la vie à Hocine Kerdjadj.  Ils exigent que l’administration prenne en charge la famille du défunt. Les précisions de Djedjiga Rahmani.

 

Conflit à Tonic industrie : l’entreprise à l’arrêt depuis une semaine

Tonic Industrie, implanté à Bou Ismaïl, dans la wilaya de Tipasa, est à l’arrêt. Motif ?

 

Les salariés de cette entreprise publique et économique refusent de reprendre le travail après la mort par accident, mardi dernier, de leur collègue Hocine Kerdjadj. Depuis, Tonic Industrie est entré en ébullition. L’incident a provoqué un tollé au milieu des travailleurs de cette entreprise de fabrication d’emballage qui ont peur de subir le même sort que celui de leur collègue. «C’est à cause de l’absence de mesures de sécurité à l’intérieur de l’entreprise que notre collègue a trouvé la mort», dénoncent les salariés grévistes. «Les droits du défunt est notre première revendication», peut-on lire sur une banderole hissée dans l’enceinte de l’usine. Les grévistes exigent une enquête ministérielle qui, selon eux, doit faire toute la lumière sur les circonstances de la mort de Hocine Kerdjajdj et déterminer les responsabilités.

 

Le défunt, père de deux enfants, «a laissé sa famille dans un bidonville», témoignent les travailleurs qui exigent que l’administration de Tonic prenne en charge cette famille. «Nous réclamons le maintien du salaire du défunt à 100%. De plus, nous exigeons qu’on attribue un logement à cette malheureuse famille», requièrent-ils. Les travailleurs, qui ont vu leur collègue périr sous leurs yeux, sont déterminés plus que jamais à assurer d’abord leur sécurité avant de reprendre le travail. «Nos vies sont bien plus cher que vos salaires dérisoires», lit-on sur la même banderole.

 

Les 2000 travailleurs, qui campent sur leurs positions, étaient toujours là hier. Malgré la vague de froid qui s’abat sur les régions du littoral, à l’instar de toutes les régions du Nord, les travailleurs observent leur piquet de grève à l’extérieur des ateliers de production. Une foule impressionnante s’est rassemblée devant le siège de l’administration, scandant des slogans dénonçant la gestion de cette entreprise. En plus de la prise en charge de la famille du défunt collègue, les salariés demandent de mettre fin à la disparité entre les salaires pour les travailleurs occupant le même poste. Ils revendiquent une grille bien définie avec un salaire de base de 25 000 DA avec effet rétroactif à partir de janvier 2008.

 

«Nous voulons un rappel comme tous les travailleurs des autres secteurs», clament les salariés. Ces derniers regrettent l’attitude de l’administration. D’après leurs dires, cette dernière a adopté la stratégie d’intimidation à l’égard des travailleurs afin de faire marche arrière concernant leurs revendications «légitimes». Questionné au sujet du drame qui s’est produit au niveau de l’entreprise qu’il gère depuis un mois, M. Merzouk, PDG de Tonic Industrie, a reconnu que le décès résulte du non-respect des mesures de sécurité sans pour autant situer les responsabilités. «Il y a des problèmes d’hygiène et de sécurité», a-t-il avoué. M. Merzouk déclare, concernant la disparité dans les salaires, qu’il a trouvé l’entreprise fonctionnant avec 142 niveaux.

 

«Il y a des cas où un seul poste de responsabilité a 5 ou 6 salaires. Ce sont des salaires qui ne répondent à aucun critère», explique le premier responsable de Tonic Industrie. Ce dernier a manifesté son intention de corriger ce qu’il qualifie d’«injustice et l’iniquité» sur laquelle se base la gestion. Pour les poursuites judiciaires dont 4 travailleurs sont la cible, M. Merzouk indique que celles-ci visent «les meneurs de cette grève» qu’il estime «illégale» reconnaissant tout de même qu’il y a un ras-le bol.
 

Djedjiga Rahmani. 28 décembre 2011. El Watan
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