Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 
 La crise à Noël 
DR
 

 

Les ménages des couches populaires semblent avoir opté pour faire la fête malgré tout. Cette volonté de se faire plaisir en famille et entre amis est-elle une forme symbolique de résistance à la dictature de l’austérité en marche ?

« Dépenses de Noël : la France n’est pas à la fête » peut-on lire avant Noël sur le site de la radio RMC qui précise : « Entre le recul des ventes de champagne et les sacrifices sur les cadeaux, les Français rognent leur budget de Noël. Une célébration qui n’est plus un prétexte pour faire des extras. Oubliés, sa mine réjouie et son ventre rebondi. Cette année le père Noël se serre la ceinture A trois jours de l’événement, les distributeurs font des pieds et des mains pour limiter la casse ». Les Français ont attendu, souvent jusqu’à la dernière minutes, les promos pour acheter certains de leurs cadeaux de Noël…

 

 

 

Tour d’horizon de la marche vers la paupérisation occidentale

 

 

Chute du moral des ménages aux Etats-Unis

 

Le moral des ménages a chuté aux Etats-Unis en décembre, selon l'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'université du Michigan. Cet indice a reculé de 9,8 points par rapport à novembre, où il avait atteint son plus haut niveau en plus de cinq ans, pour s'établir à 72,9. L'indice est retombé ainsi à son plus bas depuis le mois de juillet. L'estimation finale fournie par l'Université est inférieure au chiffre préliminaire de 74,5 qu'elle avait fourni 15 jours plus tôt et aux attentes des analystes dont la prévision médiane donnait l'indicateur du moral des ménages à 74,8. (Source : AFP)

 

 

Un tiers des Italiens risquent la paupérisation

 

 

En Italie, à deux mois des élections, deux rapportsdressent un bilan alarmant de la paupérisation de la classe moyenne.

Dans une rue à Milan - AFP

En 2012, le niveau moyen annuel de consommation des ménages par tête d'habitant (15.700 euros) est retombé au niveau de 1997. Signe d'une certaine flexibilité et d'un sursaut de frugalité des foyers italiens : 83% d'entre eux ont réorganisé leurs dépenses alimentaires, en cherchant des produits moins coûteux et en renonçant aux sorties et aux restaurants.

En outre, 2,5 millions de foyers ont commencé à vendre leur or et autres «objets précieux» dans les deux dernières années et 63% des Italiens ont réduit leurs déplacements en voiture et en scooter pour épargner du carburant. Sur les neuf premiers mois de 2012, les ventes d'automobiles ont chuté de 25%, tandis que celles des bicyclettes ont bondi (avec plus de 3,5 millions vendues en deux ans).

Parallèlement, le nombre des jeunes NEET («not in employment, education or training») de moins de 30 ans a bondi à 2,15 millions, sur fond de chômage des jeunes à 36,5% en octobre. A noter que, si la rigueur semble avoir accéléré le mouvement, la fragilisation de la classe moyenne italienne ne date pas d'hier. Selon le rapport Censis, la richesse financière nette moyenne des ménages a chuté de 40,5% en dix ans, en passant de 26.000 à 15.600 euros, la quote-part de richesse nationale de la classe moyenne étant tombée de 66% à 48%.

 
 
 
 
Copyright Reuters
R-17 décembre, les retraités espagnols manifestent

 

Allemagne : paupérisation croissante de la population

 
 
Le phénomène de la paupérisation n’est pas propre à l’Italie et à l’Europe du Sud. La gestion de la « crise de la dette » a été confiée en Europe à l’Aristocratie financière. On connaît les ravages déjà dramatiques de ses recettes en Grèce, la montée du desastre en Espagne ou au Portugal  de la crise en Grèce. Par contre on connaît peu ce qui se passe en Allemagne.
 
On peut lire sur le site de RFI : « Longtemps louée comme modèle économique en zone euro, l'Allemagne commence à souffrir des difficultés que rencontrent ses partenaires. On découvre également que la réussite de la première économie européenne a un prix : c'est la paupérisation croissante de certaines catégories de sa population et une fracture sociale de plus en plus forte.
 
La force de l'Allemagne, c'est la spécialisation industrielle, la taille moyenne des entreprises et la flexibilité du marché du travail. Ce modèle reste son arme secrète qui lui permet de garder sa compétitivité. Revers de la médaille : la paupérisation des bas salaires et des retraités, et la création d'une société à deux vitesses. Il y a plus de riches et plus de pauvres en Allemagne qu'il y a dix ans.
 
Copyright Reuters
DR-« L'Allemagne s'interroge sur son modèle social » (La Tribune.fr)    
 
 
 
Le dernier rapport gouvernemental le confirme : les salaires horaires, même à temps plein, ne permettent plus de vivre correctement. La proportion de travailleurs pauvres à grimpé à plus de 20% dans les petites et moyennes entreprises. L'absence de salaire minimum, la multiplication des emplois précaires accentuent les risques de pauvreté. Les retraités sont touchés à leur tour. Les pensions les plus basses frôlent un minimum vital. Sans oublier les femmes, souvent écartées du marché du travail dès qu'elles ont des enfants.
 
  
  Le spectre hante l'Allemagne : celui d'une situation à l'américaine, avec les seniors contraints à faire des petits boulots pour joindre les deux bouts ».
 
 
 
 
 
Champagne et cosmétiques en berne
 

 

 
En ces fêtes de fin d’année, une des formes de résistance à la diminution de l’espoir sur l’avenir s’exprime par la volonté de « se faire plaisir ». Mais la tendance est connue : si les riches de tous les pays achètent de plus en plus les produits de luxe, en Algérie c'est très sensible, les couches moins favorisées évitent les dépenses non vitales.
 
 Aujourd’hui, les professionnels écrivent : « L’impact de cette situation sur la filière du champagneest incontestable. En effet, après deux ans de reprise, les expéditions marquent le pas: depuis huit mois, elles baissent de manière constante ».
 
Par Pierre-François Besson écrivait dans la Tribune de Genève : « Dans le monde de la cosmétique, le numéro s'est brûlé les doigts face à la pauvreté grandissante en Europe. L’Oréal ne suivra pas «la logique de paupérisation et de banalisation des produits», dit son patron. Le groupe veut plutôt miser «sur l’innovation et la valeur ajoutée». Ce n'est pas un hasard. L’Oréal vient d’annoncer des chiffres décevants, après avoir cherché «à ajuster sa stratégie à son environnement».
 
 
 
 
 
Synthèse blog, 26 décembre 2012
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article