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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le siège social de Natixis sur le quai de la Rapée, à gauche de la gare de Lyon.(Photo: dr)DR

 

 

Mohamed Boukhari, ancien conseiller du ministre des Télécommunications (2002-2003) et du PDG d’Algérie Télécom (2003-2005), est jugé pour «corruption, trafic d’influence et blanchiment». Au cours de son procès en appel, Il revient sur les faits. Extrait du compte rendu de Salima Tlemçani dans El Watan d’aujourd’hui.

 

 

(...)« Il révèle que c’est en 2002 qu’il a rejoint Algérie Télécom. «Lors d’une réception organisée par Huawei et à laquelle j’ai été convié, la proposition de travailler pour la société chinoise comme conseiller m’a été faite. Le contrat de consulting portait sur les analyses du marché de la téléphonie en Algérie et les opportunités d’affaires. Je leur ai dit que je n’avais pas de relations avec les marchés. J’ai compris qu’ils cherchaient à se faire connaître en Algérie, mais aussi à avoir une idée sur le marché algérien et les opportunités d’affaires.»

Le prévenu accepte l’offre sans pour autant négocier la rémunération. «Ils m’ont dit que la société mère avait beaucoup d’argent et qu’ils allaient me donner plus que je pourrais demander, à la seule condition que je partage les montants avec eux. La société mère dépense 10% des 28 milliards de dollars de son chiffre d’affaires annuel pour la communication, donc l’argent existait», déclare le prévenu, qui poursuit : «Les Chinois m’ont expliqué que pour me verser ma rémunération, il fallait avoir un compte bancaire au nom d’une personne morale. J’ai demandé à un ami, Harzellah, patron de l’Eepad, qui connaissait bien ce domaine, de me conseiller. Il m’a remis la carte de visite de Dominique Fermine, représentant de Natixis au Luxembourg. Je l’ai contacté. Il m’a dit qu’il y avait possibilité d’ouvrir des comptes en offshore. Comme il ne pouvait pas se déplacer sur Alger, nous nous sommes rencontrés à Paris où j’ai rempli un formulaire et remis une photocopie de mon passeport.»

 

Deux sociétés offshore, Doney et Traco sont alors créées, par le bureau de conseil de Mejdoub Chani (qui reste l’unique fondé de pouvoir) à la demande de Natixis.

 

Boukhari reçoit alors de nombreux montants, atteignant les 10 millions de dollars. «C’est vrai que je n’avais jamais pensé recevoir une telle rémunération. Mais pour moi, il ne s’agissait pas de corruption. C’était mon salaire. Fermine m’avait dit qu’il avait vérifié sur le site web du ministère si j’occupais encore le poste de conseiller, mais il n’a rien trouvé», déclare le prévenu. Il affirme avoir signé cinq conventions avec les Chinois. «J’étais à l’aise dans ce travail parce que j’estimais qu’il n’y avait aucun conflit d’intérêt avec ma fonction de conseiller», répète-t-il. (…) Boukhari de noter, plus loin, que le Natixis lui a demandé de «domicilier son argent ailleurs» après l’éclatement de l’affaire Chani. Les représentants des sociétés chinoises, ZTE et Huawei, affirment n’être au courant de rien. Ils disent qu’«ils n’étaient pas en poste» lors des faits et que la société mère ne leur a rien dit à ce sujet.

 

Texte intégral : El Watan.com

 

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