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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

                                                                    Dissolution d’un ectoplasme

 

 

 

 

 

Dans sa chronique intitulée « Personnalisation du pouvoir et transitions », Mustapha Hammouche écrit ce matin dans Liberté : « Cette situation qui fait de la présence physique d’un dirigeant une quasi-question de destin remonte aux profondeurs mêmes du Mouvement national. Caractéristique originelle, le “zaïmisme” en fonde le pouvoir (…) Ce réflexe privatif de l’autorité, et d’appropriation personnelle de l’autorité politique, a déteint jusque sur le personnel politique postrévolutionnaire. Les chefs de parti politique de l’Algérie “démocratique”, même pour les plus insignifiants d’entre eux, ont, à leur niveau, adopté cette culture autocratique qui s’est historiquement imposée au pays ». 

 

Dans l’Algérie actuelle, semble penser Kamal Daoud dans Le Quotidien d'Oran, ce n’est pas le syndrome du zaïmisme politique qui est le problème, il est « accessoire » . En ces jours de disette de l’actualité, avec le plat unique du « Malade », comme son confrère il a préféré les sommets de la réflexion anthropologique. Dans sa chronique intitulé « Une centaine de cas de mandats à vie qui président le pays », Il écrit : « Les dictatures algériennes sont pluralistes, paradoxalement. Les mandats à vie sont dans le secteur des services, de la haute administration, de la rente et des holdings (…). A la fin, cela donne cet équilibre rare dans le monde entre une essence de régime qui contrôle l'essentiel et laisse élire l'accessoire. On peut élire Bouteflika ou pas (presque), mais on ne peut pas toucher aux conseils d'administrations des caisses d'argent, des grandes banques, des grandes chancelleries… etc. Le régime laisse le peuple avoir l'illusion de la décision sur la façade mais pas sur la cuisine".
Le chroniqueur conclut à propos de cette dictature quasi-ectoplasmique : « L'Algérie c'est 9000 émeutes par an contre zéro révolution parce qu'il existe neuf mille petits dictateurs contre zéro Moubarak. C'est notre drame : on n'a même pas une dictature à abattre mais un énorme système impersonnel difficile à cerner ».

 

Saoudi Abdelaziz, 23 mai 2013

 

 

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