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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR

 

 

 

Un syndicat  interpelle le président de la République sur «l'absence d'appareils de chauffage dans les écoles de plusieurs régions du pays».

 

 

 

 

Par Slimane Laouari, 1er décembre 2013

 

 

 

 

On aurait pensé à une mise en scène inspirée mais aussi à une exagération jusqu'à la caricature. La photo qui a fait la Une du Temps d'Algérie, dans son édition d'hier, a été pourtant bien prise par la collègue Nawel Hadj Abdelhafidh dans une école de Belcourt, à Alger.

 

Le cliché se passe de commentaire : il représente deux gamins penchés sur leurs cahiers dans une classe, dont l'un tient un parapluie ouvert.

 

Pas besoin d'être intelligent pour deviner que le toit devait être une passoire au-dessus de la tête des élèves. Pas besoin d'être intelligent non plus pour imaginer que le radiateur qui longe une grande partie du mur à côté des deux enfants était froid comme du fer exposé à tous les vents glaciaux.

 

Cela se passe dans une école d'un grand quartier de la capitale. pas besoin enfin d'être intelligent pour savoir comment les enfants d'autres régions moins nantis passent leur hiver en classe.

 

Beaucoup d'établissements sont sans chauffage, rares sont ceux pourvus d'une cantine, d'autres n'ont même pas de sanitaires et d'eau !

 

Notre école n'est pas seulement malade de ses programmes anachroniques, de son indigence pédagogique et de son orientation idéelle comme on l'entend souvent. Son «accès» ouvert à tous les enfants du pays et les moyens infrastructurels mis par l'Etat, souvent brandis comme une preuve de sa «performance» et dont on tire parfois une piètre satisfaction, ne sont malheureusement pas si évidents que ça.

 

Et aussi caricaturale qu'elle puisse paraître, cette image d'une classe d'école de la capitale n'en est pas moins un indicateur réel et cinglant de sa misère. Une misère non pas seulement dans sa conception mais une misère tout court ! D'ailleurs, ministère de l'Education et tutelles intermédiaires s'en tirent souvent à bon compte d'entendre que finalement, les colères suscitées par l'école qu'ils dirigent sont souvent accompagnées de quelques reconnaissances tirées des «investissements publics dans le secteur» et les parts de budget qui auraient donné de meilleurs résultats si elles étaient gérées avec plus de «rationalité».

 

Pourtant, si l'investissement matériel dans l'école était aussi consistant que ça, il serait difficile de trouver des écoles sans chauffage, sans cantine et sans eau dans l'Algérie de 2013. Ne parlons même pas de transport scolaire qui reste encore une chimère ! Au point qu'à chaque hiver, les parents s'inquiètent sérieusement sur la santé de leur progéniture, tandis que certains chefs d'établissement, par… humanité, libèrent carrément les élèves des cours quand le froid atteint un seuil intenable !

 

Si nos enfants vivaient leur école aussi confortablement, peut-être enfin que le Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), qui vient de saisir… le président de la République pour l'interpeller sur «l'absence d'appareils de chauffage dans les écoles de plusieurs régions du pays», n'en serait pas arrivé là.

 

«Seuls nos pauvres innocents paient les frais de cette gestion car ne pouvant ni faire grève ni couper les routes», note le Satef. Mais comme toujours, il faut trouver une satisfaction quelque part. Même formulée dans la colère, le syndicat ne l'oublie pas : «L'Etat a mis l'argent, mais où va-t-il ?» Et si l'Etat ne mettait pas autant d'argent que ça, puisque le Satef «sait que les écoles primaires sont gérées par les collectivités locales… pour la plupart déficitaires…», comme on peut le lire dans la lettre ouverte adressée au président de la République ?

 

Le Temps d'Algérie

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