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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Jeter l’anathème à tout-va sur son prochain, surtout quand il s’agit d’apostasie, n’est guère propice à la concorde nationale que voudrait préserver par-dessus tout Moncef Marzouki, le président de la Tunisie. Inquiet devant l’exacerbation des tensions entre laïcs et islamistes, l’homme fort de Carthage, garant du succès de la transition démocratique de son pays, a pris le taureau par les cornes en prohibant les accusations d’apostasie.

 

"Personne n'a le droit de porter de telles accusations contre ses compatriotes, car cela pourrait engendrer la violence, qui est répressible par principe", a-t-il justifié, espérant que la raison et le devoir d’unité l’emporteront sur des jugements à l’emporte-pièce, aussi archaïques que dévastateurs."Je souhaite qu'une clause soit ajoutée à la constitution, qui pénalise explicitement le takfir, dont la fréquence a augmenté ces derniers temps", a-t-il confié à Magharebia Alia Allani, spécialiste des groupes islamiques.

 

Outre le fait que, comme le souligne Moncef Marzouki, "Le takfir est l'une des méthodes de négation politique de "l'autre" qui était utilisée durant les périodes de décadence", la Tunisie, modèle de soulèvement populaire réussi et de redressement sur les bons rails, a certainement d’autres défis à relever, autrement plus nobles, urgents et fédérateurs.

 

10 mars 2012. Source : Oumma.com

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