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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Georges Malbrunot

 

 

 

Coup sur coup, ce sont deux mauvaises nouvelles qui nous sont parvenues du front malien : en l’espace de quarante-huit heures, les djihadistes ont fait exploser une mine qui a tué quatre civils maliens, et commis un premier attentat suicide de l’histoire du Mali.


Ces deux modes d’action laissent penser que nous pourrions assister à un glissement vers une irakisation ou une afghanisation du conflit au Mali.


Développées par le Hezbollah contre les soldats israéliens qui occupaient le sud-Liban au cours des décennies 80 et 90, les mines à effet dirigé constituent le cauchemar des armées régulières. Ces IED – engins explosifs improvisés – ont été ensuite utilisés par les rebelles irakiens contre les troupes américaines à partir de 2004, puis ensuite en Afghanistan. Ils viennent de faire leurs premiers morts au Mali.


Ces mines peuvent être de conception artisanale. Mais au fil des conflits, les artificiers ont su transmettre leurs « savoir-faire » et les IED ont ainsi pu essaimer sur de nombreuses zones de guerre. Difficilement détectables, de telles mines ralentissent les approvisionnements des armées régulières. Mais elles sont surtout une arme psychologique dévastatrice : leurs utilisateurs filment en général leurs opérations contre des « troupes ennemies » avant de les diffuser sur Internet afin de recruter des sympathisants. Près des deux tiers des soldats de la coalition internationale morts en Afghanistan ont été touchées par des mines artisanales.


Vendredi, à Gao, à 1 200 kilomètres au nord-est de Bamako, un Touareg circulant à moto s’est fait exploser en s’approchant de soldats maliens. Il est mort sur le coup. Un militaire malien a été de son côté blessé. L’attentat a été revendiqué par le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, qui a promis « des attaques de convois », de poser des mines et d’ « organiser des kamikazes ». Bref, tout ce qui a fait le quotidien du conflit en Irak dans les années 2004-2008, puis en Afghanistan.


Ces nouveaux modes d’action ne surprennent pas les militaires français qui s’attendaient à l’utilisation de mines à effet dirigé contre les troupes hexagonales ou africaines qui sécurisent les villes et les routes du nord-Mali.


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