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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

Les enquêtes de Safia Berkouk dans El Watan sont documentées et souvent croustillantes. Ce matin nous nous régalons d'un article sur les "nouveaux riches". Evidemment ce n'est pas sur leurs déclarations de revenu qu'on peut les localiser. En Algérie, seuls les salariés ne peuvent rien cacher au fisc: l'impôt sur les salaires est prélevé à la source.

 

 

EXTRAITS

 

 

Selon une étude du New World Wealth, un cabinet de consulting basé en Grande-Bretagne, le nombre de millionnaires (personnes possédant un million de dollars ou plus (plus de 10 milliards de centimes de dinars) en Algérie était de 4100 en 2012 et serait de 5600 d’ici 2020. Plus de la moitié, soit 2300, recensés sont de la capitale, Alger.

 

Selon ce document, «une croissance économique rapide favorise l’émergence des riches», ce qui n’est par le cas en Algérie puisque la croissance économique a difficilement dépassé les 3,5% ces dernières années.  Si le PDG de Cevital est listé, ceux qui ne le sont pas ne sont pas pour autant moins lotis. Les hommes d’affaires connus et reconnus comme Haddad, Hamiani, Mehri, Wahid, Hasnaoui ne figurent pourtant dans aucun classement. Si les activités de leurs entreprises sont recensées et rentables, leurs fortunes personnelles ne sont pas du domaine public. Alors qu’aux Etats-Unis, les noms des Américains les plus nantis sont répertoriés et suivis régulièrement, en Algérie, parler d’argent est tabou, de peur d’être épinglé par le fisc.    

 

Pourtant, les nouveaux milliardaires en Algérie (en dollars ou en dinars) existent bien mais si leurs noms ne sont pas connus du public, leurs habitudes de consommation les trahissent, des villas somptueuses construites en un temps record, des voitures luxueuses, dont certaines des pièces uniques, des appartements achetés dans des quartiers réputés, on ne se refuse rien. La dernière enquête de l’office national des statistiques a démontré que 10% de la population la plus favorisée captait plus d’un quart des dépenses annuelles de la population.

Et c’est dans cette catégorie que l’on dépense le plus, notamment en transport et communication (24%). Car les voitures de luxe font partie des péchés mignons des gens friqués, du moins ceux qui ont un goût prononcé pour l’exubérance. Et ce type de véhicules ne manque pas sur nos routes.

 

 

Ferrari, Jaguar…

 

 

Un importateur de véhicules de grandes marques, spécialisé notamment dans les grosses cylindrées de type Range Rover (vendu au bas mot à 4 millions de dinars et dont le prix dépasse parfois le 10 millions de dinars) raconte : «ceux qui achètent nos 4x4 le font pour le prestige», même si par ailleurs il y a de plus en plus de véhicules surélevés qui circulent et souvent «parce que l’état de nos routes est catastrophique», note-t-il.  Outre le Range Rover, notre interlocuteur dont le showroom est installé dans la banlieue ouest d’Alger, vend aussi les marques Audi, Mercedes, Jaguar et même Ferrari. Cette dernière marque italienne coûte la bagatelle de 50 millions de dinars et pourtant «on en a déjà vendu», précise-t-il.

 

Les prix dans ce showroom atteignent jusqu’à 28 millions de dinars et pourtant «nous importons une fois par semaine et nous vendons tout ce que nous ramenons, nos clients repartent avec leur bien dans la même journée», nous dit encore le responsable, qui préfère ne pas donner d’indications sur le niveau de ses ventes.
Ce qui est le plus édifiant, c’est que le règlement se fait par cash et sur place dans la majorité des cas, «les gens circulent avec du liquide», dit-il. Il nous cite en exemple l’histoire d’une cliente, de passage dans le quartier, entrée par hasard dans le showroom et repartie «avec une Jaguar de 6,5 millions de dinars, payée cash, en laissant sa voiture derrière. Ici, le cash est légion, sinon parfois le client revient deux heures plus tard avec la somme nécessaire».  

 

(...) Quels quartiers pour les nouveaux riches ? Ces gens nouvellement enrichis «ne vont pas créer de nouveaux quartiers», observe un agent immobilier. Ils vont plutôt «s’infiltrer dans ce qui est déjà connu comme étant de beaux quartiers. Pour cela, ils achètent d’anciennes habitations dans ces quartiers là, les démolissent et en construisent de nouvelles». Dans la commune de Kouba, plusieurs villas coloniales ont récemment été vendues à de nouveaux propriétaires qui ont tout démoli pour reconstruire à la place des immeubles.  Aux côtés des anciens quartiers huppés comme Hydra, El Biar, Ben Aknoun, El Mouradia, de nouveaux se sont pourtant érigés depuis quelques années, reconnaissables souvent au prix du mètre carré qui est pratiqué. Draria ou encore l’axe Chéraga-Dely Ibrahim sont ainsi devenus les nouveaux repères en matière de concentration de la richesse.

 

Texte intégral : El Watan.com

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