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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Cevital devrait installer une usine de sucre et d’huile en Irak

DR-Rebrab: Les intérêts de Cevital liés à ceux de la Nation

 

 

Par Saoudi Abdelaziz, 22 octobre 2013

 

 

 

"Le droit de préemption de l'Etat est de retour cette semaine" commente El Kadi Ihsan, le directeur de Maghreb Emergent qui consacre hier une "opinion" au rebondissement dans l'affaire Michelin avec la décision du gouvernement de contester l'accord conclu  au début de l'été entre Michelin et Cevital. "L'Etat pense avoir le droit de s'inviter comme acteur prioritaire dans cette transaction".

 

Le journaliste rappelle le déroulement de l'affaire:

 

Premier acte. Sans commentaire la sentance tombe: "Michelin ne peut plus ou ne veut plus maintenir une activité industrielle sur le site historique de Bachdjarah, devenu petit. Pour être compétitif il faut une usine d'une autre échelle".  

 

Deuxième acte. M. Rebrab,  sauve les salariés, il " accepte dans un arrangement global de les transférer vers ses propres activités pour la grande majorité d'entre eux". El Kadi Ihsan note la contrepartie : "A Bachdjarrah, il n'y a pas que du passif. Il y a un terrain de 16 hectares en milieu quasi urbain. Le président de Cevital n'a pas manqué de franchise en annonçant en mai dernier sur l'antenne de Maghreb M qu'il comptait reverser cet espace dans des activités urbaines, car il ne se prêtait plus à la production industrielle. Au menu, un hypermarché, une université et un hôpital privés".

Michelin avait-t-il informer l'Etat de son intention d'abandonner son activité industrielle? Comment une filière industrielle peut-elle être abandonnée sans que les pouvoir publics s'en mêlent?  Le gouvernement semblait surpris à cette annonce. Le directeur de Maghreb Emergent relève l'effacement de l'Etat au cours des deux premiers actes. "Dans un autre pays, l'Etat réagit pour maintenir l'activité manufacturière, proposer un nouveau site d'implantation et des aides publiques pour redevenir compétitif et être au rendez vous des nouvelles demandes de marché". Mais, il justifie aussitôt cette absence somme toute inévitable car selon lui, contrairement à El Hadjar où face à Mittal, l'Etat dispose de Sider comme "véhicule de la solution", "dans le cas des pneumatiques industriels, le gouvernement n'a pas de réponse prête".

 Bon...

El Kadi Ihsan estime donc que l'Etat n'a plus le droit  d'intervenir dans une pièce déjà jouée. Sauf à avoir d'autres motivations. Ce serait les  projets immobiliers de M. Rebrab qui ont fait réagir les pouvoirs publics. "C'est sans doute ce qui a concouru à l'entêtement du gouvernement à vouloir préempter les actifs de SMA". Se mettant au diapason de la dérision inimitable  "style Kamal Daoud", il ajoute : " Poussée à la caricature, l'affaire Michelin Algérie, c'est Said Bouteflika qui dispute un terrain à Issad Rebrab à Bachdjarrah comme en 1962 pour un bien vacant".

 

Puis, le journaliste met le doigt sur la plaie: "Sauf que dans le cas de ces français qui s'en vont, il y a le sort de 600 travailleurs qui ne repartent pas avec le propriétaire".

 

Car la question est là. Sur le site Michelin situé dans l' historique zone industrielle d'Hussein-Dey, le milliardaire Rebrab a choisi d'illustrer de manière éclatante le libéralisme à l'Américaine qu'il veut pour l'Algérie: une université où il faut chèrement payer pour réussir, un hôpital pour les nantis et le nouveau temple de la consommation qui va avec. Cette Opa; conclue en douce chez Monsieur le notaire, sera-t-elle le clou doré de cette désindustrialisation qui s'est imposée progressivement depuis plus de trente ans avec la politique d'affaissement des pouvoirs publics?

 

Ces derniers mois, les ministres, les patrons, le chef de l'UGTA, les experts brodent sur la "ré-industrialisation du pays". Le gouvernement s'est enfin décidé à se pencher sur la liquidation-reconversion de l'usine Michelin, fruit d'une adroite combinaison entre Michelin et le patron de Cevital, permettant à ce dernier de récupérer 16 hectares juteux et à Michelin, qui, ayant refilé le sort des salariés à M. Rebrab, se considère exempté de ses obligations à l'égard de ses 600 salariés. On le sait, Rebrab promet de l reclasser les ouvriers dans de lointaines activités de ... menuiserie. En juin dernier, un reportage sur le terrain de Yannick Sanchez dans El Watan sur ce Simulacre de reclassement concluait : "Combien seront-ils à quitter Alger pour travailler à Bordj Bou Arréridj dans la nouvelle usine de portes et fenêtres de Cevital  ? Un des derniers travailleurs présents sur le parking lâche en partant : «Je n’en connais aucun.»  

 

L'Etat pourra-t-il faire mieux pour ces salariés et pour l'industrie nationale? L'Etat pourra-t-il mieux faire pour utiliser la reprise de Michelin et de son site comme atout symbolique de cette fameuse ré-industrialisation?

 

(A suivre)

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