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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

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Messaoud Chettih. Crédit photo : sidielhadjaissa.com

 

 

 

Des négociations sont en cours sur l’avenir du complexe d’El Hadjar. Dans ces négociations, face aux représentants de Lakhsmi Mittal, un nom revient côté algérien, celui de Messaoud Chettih.

 

Les jeunes algériens ignorent que cette présence est un curieux retournement de l’histoire. Le 21 février 1996, les principaux dirigeants de Sider qui coiffait le complexe sidérurgique d’El Hadjar, alors public, étaient mis en prison avec des chefs d'inculpation gravissimes. Le principal inculpé était Messaoud Chettih, alors PDG de Sider. Il sera condamné, le 23 octobre 1997, à dix ans de prison.

 

 

Quarante mois après, un nouveau procès l’innocentera, ainsi que ses collègues. Rendant compte de ce procès de réhabilitation Baudouin Loos, le correspondant du Soir de Bruxelles écrivait le 8 décembre 1999 dans un article intitulé « L'affaire Sider» met au jour le rôle occulte des mafias » : « Dès le premier procès, les cadres avaient plaidé leur innocence et évoqué le rôle occulte d'une «mafia politico-financière» qui aurait voulu se débarrasser d'eux parce qu'ils avaient gêné ses profits dans le cadre d'énormes importations de ronds-à-béton ».

 

 

Avant cette réhabilitation, l’Express publiait le 15 avril 1999 un reportage de Sylvaine et Baki Mina, où on peut lire : "Dans ce pays, souligne l'avocat, Miloud Brahimi la justice n'a jamais été indépendante. Et tout ce qu'on a prétendu entreprendre contre la corruption n'était qu'un leurre. Chaque fois, c'est une opération mains propres faite avec des mains sales, à des fins strictement politiques. La dernière opération en date a été lancée en 1996 et 1997 par l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia. Elle s'est traduite par l'arrestation de plusieurs milliers de cadres des entreprises publiques, à commencer par les plus "gênants", dans le cadre des privatisations programmées. C'est ainsi que les managers et les directeurs de deux fleurons de l'économie algérienne, Sider et Cosider, se sont retrouvés sous les verrous pour "mauvaise gestion".

 

 

Dix ans plus tard, El Kadi Ihsanconfirme cette analyse, en précisant : « La longue détention arbitraire de Messaoud Chettih, DG de Sider a accéléré la privatisation d’El Hadjar… »

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 18 février 2013

 

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