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Publié par Saoudi Abdelaziz

Editorial, par

 

Les Français ont pour habitude de se référer au modèle allemand. Pour tout. Pour le système de retraite, pour la création d'emplois, pour l'équilibre budgétaire, pour l'automobile, etc. Pour tout, absolument tout! Ils n'ont pas tort. Les Allemands viennent, encore, de les prendre de vitesse dans l'industrie automobile en Algérie. Trois sociétés à capitaux mixtes ont vu le jour, hier, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale. Une pour la production, à Rouiba, de camions, cars et bus, la seconde produira, à Tiaret, des véhicules utilitaires et enfin la troisième, à Oued Hamimine (Constantine), pour la production de moteurs des gros engins. Dans ces trois sociétés, la partie algérienne est représentée par plusieurs entités économiques du secteur public dont la Snvi, le fonds d'investissement Aabar représente les Emirats et Mercedes-Benz la partie allemande. Les véhicules (camions et utilitaires) seront produits dès 2013 et en 2014 suivra l'usine des moteurs pour les gros engins. Pendant que le groupe français Renault «joue les prolongations» dans son projet en Algérie, même lorsque l'industrie automobile tombe en ruine dans son pays, la célèbre marque allemande Mercedes le devance et s'installe en force en Algérie.

 

Il sera dit que les Allemands auront toujours une longueur d'avance sur les Français. Comme une fatalité. Voilà un sujet qui alimentera, sûrement, le petit déjeuner que partageront, ce matin, les chefs d'entreprises françaises en Algérie avec leur ministre des Affaires étrangères en visite dans notre pays. Dès 2013, 10.000 véhicules particuliers Mercedes sortiront de l'usine de Tiaret. Une quantité qui «rognera» sur celle qu'écoulent les autres marques sur notre marché. La montée en cadence de la production fera le reste. A terme, l'automobile allemande se fera une place plus que confortable dans le parc algérien. Il va sans dire qu'un réseau de services après-vente est déjà prévu par les Allemands. Il suivra la progression de la production. Les équipementiers ou sous-traitants algériens auront, avec le temps, appris à travailler sur le modèle allemand. Une référence pour le développement durable.

 

Globalement, les trois sociétés mixtes ne vont pas faire dans le bricolage. Entre les camions, cars, bus, véhicules tout-terrain, utilitaires et les moteurs, l'éventail de production touche une importante partie de l'ensemble du secteur des transports en Algérie. A la clé, ce sont des milliers d'emplois, des centaines de PME-PMI, une grande stimulation de l'économie locale autour des sites d'implantation, une formation et un transfert de technologie de haut niveau.

 

Ceci dit, la création de ces trois sociétés mixtes met à plat tous les prétextes avancés jusque-là par Renault pour ne pas investir en Algérie. Rappelons-nous son argument du coût du travail en Algérie pour justifier son implantation à Tanger. Le même argument que celui de PSA qui met sur le coût du travail son plan de licenciements. Pas plus tard qu'hier, Henri Emmanuelli, ancien secrétaire d'Etat français au budget, a «démoli» cet argument. Il a rappelé que le coût horaire de la main-d'oeuvre dans l'industrie automobile allemande est de 43, 14 euros alors qu'en France il n'est que de 33, 38 euros. Pourtant, l'automobile allemande se porte bien. On peut y ajouter «l'absence des équipementiers en Algérie» avancée par Renault. On a envie de lui conseiller de demander aux Allemands ce qu'ils font de cet argument en s'installant chez nous. En réalité, la coopération algéro-allemande relève de l'intérêt mutuel des deux pays. Sans autre considération. C'est pourquoi la création des trois sociétés avec les Allemands est bien accueillie par les Algériens. Elle rassure et s'intègre parfaitement dans la stratégie industrielle qui pérennise notre économie hors hydrocarbures. Pour nous, l'essentiel est là!

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