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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mouloud Feraoun est né puis est mort au mois de mars, à la veille du printemps.

 

 

 

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Centenaire de la naissance de Mouloud Feraoun :

 

 

Par Walid B.

 

Le centenaire de la naissance de Mouloud Feraoun sera commémoré par un riche programme de manifestations culturelles du 12 au 18 mars prochains.

 

La fondation Mouloud Feraoun, présidée par Ali Feraoun, déploie de grands efforts pour mettre en valeur la vie et l’œuvre de l’auteur du Fils du pauvre. Né le 8 mars 1913, Mouloud Feraoun aurait aujourd’hui cent ans. Le parcours de ce pionnier de la littérature maghrébine a malheureusement été fauché en plein vol. Le 15 mars 1962, il est assassiné par des hommes de l’OAS à El Biar, lors d’une réunion des inspecteurs de l’éducation.

 

Vendredi prochain, 15 mars, sera justement l’occasion d’un recueillement sur sa tombe au cimetière de Tizi Hibel (Tizi Ouzou). «Un cimetière en pente à l’entrée de Tizi Hibel. C’est là que Mouloud Feraoun repose, aux côtés d’autres morts de son village. Quelques-uns des modèles de La Terre et le sang ou des Chemins qui montent vaquent encore à leurs affaires à des dizaines de mètres de là, où s’empoignent en d’inexorables parties de dominos dans un café proche. Un café tapissé de posters multicolores qui fixent dans une intenable promiscuité les chanteurs et les vedettes sportives qui faisaient ou font la gloire de la Kabylie.» Ainsi débute le très beau reportage réalisé en 1992 par Tahar Djaout, une autre grande plume algérienne, assassiné par l'hydre terroriste, en hommage à cet écrivain qu’il affectionnait tant.

 

S’il n'a pas écrit pour le théâtre, l’œuvre de Mouloud Feraoun est pourtant de plus en plus appréciée par les dramaturges. Deux adaptations théâtrales sont au programme de ce centenaire. Le contraire de l’amour, monologue adapté du journal de Mouloud Feraoun par Dominique Lurcel, ainsi qu’une toute nouvelle adaptation du roman La terre et le sang par Mohamed Zamèche avec une mise en scène par Hamma Méliani. Ce dernier a déclaré à l’APS : «Cette pièce est interprétée, dans un premier temps, en arabe dialectal pour donner une plus large audience à cette œuvre romanesque stimulatrice de l’authenticité de la société algérienne, et considérée comme un patrimoine de toute l’Algérie pour laquelle s’est sacrifié Mouloud Feraoun.»

 

La terre et le sang sera créée sur la scène du théâtre régional Kateb-Yacine de Tizi Ouzou le 15 mars prochain. Quant au monologue de Dominique Lurcel, il sera en tournée algérienne à partir du mois de mai.

Des manifestations culturelles sont également prévues à Alger à l’occasion du centenaire de la naissance de Mouloud Feraoun. Le premier hommage, organisé par l’association El Kalima, se tiendra le 16 mars au centre culturel Azzeddine-Medjoubi. La Bibliothèque Mouloud-Feraoun d’Alger, annonce pour sa part, une journée d’étude pour le 18 mars. Une conférence et une exposition seront, par ailleurs, abritées par le palais de la Culture Moufdi-Zakaria. Ce centenaire sera l’occasion de revenir sur l’œuvre de cet homme qui a brillement ouvert la voie de la littérature algérienne et maghrébine, d’expression française. Son premier roman, Le fils du pauvre, a été rédigé entre 1939 et 1943.

 

Ce récit largement autobiographique, paru en 1950, retrace le parcours du combattant du jeune Fouroulou Mendrad (anagramme de Mouloud Feraoun) pour s’extraire des rudes conditions de la campagne kabyle par l’accès à l’instruction. Feraoun publiera trois autres romans de son vivant : La terre et le sang (1953), Jours de Kabylie (1954), Les chemins qui montent (1957) ainsi qu’une traduction des poèmes de Si Mohand u M’hand en 1960.

 

«Cette œuvre généreuse et ironique inaugurée par Le fils du pauvre demeurera comme une sorte de balise sur la route tortueuse où la littérature maghrébine arrache peu à peu le droit à la reconnaissance», écrivait encore Djaout à son propos.

 

www.reporters.dz

 

 

 

 

15 mars 1962 : le massacre de Ben Aknoun

 

 

 

Le 15 mars 1962, six enseignants -Mouloud Feraoun, Ould-Aoudia, Hammoutène, Aymard, Basset, Marchand - étaient massacrés par l’OAS. Ces six Inspecteurs de l'Éducation nationale étaient réunis dans le centre social Château-Royal à Benaknoun. Ils discutaient des mesures en faveurs des enfants les plus en difficulté.

 

Un commando revêtu de tenues léopard survint, les fit sortir dans la cour et les abattit à coup de mitraillettes.

 

Le lendemain, l'écrivain pied noir Jules Roy,écrit dans L'Express : « Le bas d'un mur criblé de balles et éclaboussé de sang noir dans la cour d'une villa mauresque sur les collines d'El Biar, c'est tout ce qu'il reste de l'attentat contre les six inspecteurs français et musulmans des centres sociaux condamnés à mort par l'O.A.S. Six hommes qui consacraient leur vie à sauver des gosses, donner un métier à des misérables et soigner des malades. Les hommes qui ont tué Mouloud Feraoun ou qui se sont réjouis de sa mort ne peuvent plus être mes frères et je ne les connais plus. Pourquoi Mouloud Feraoun ? Parce que, ayant reçu le don d'écrire, il avait, lui, un raton, l'audace de l'exercer. Parce qu'il osait conter son enfance pauvre et son pays, son attachement à ses amis et à sa patrie, et que cette liberté représentait à elle seule un outrage intolérable et une provocation à l'égard des seigneurs de l'O.A.S.



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