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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Maroc : Qatar International Islamic Bank approche Abdelilah Benkirane

En visite au Maroc au lendemain de la victoire des islamistes, Sheikh Dr Khalid bin Thani al Thani président de Qatar International Islamic Bank (QIIB) avec le nouveau premier ministre Abdelilah Benkirane. Ordre du jour : une banque d’investissement et une compagnie d’assurance au Maroc qui fonctionneraient selon les principes de la finance islamique. M. Al Thani a proposé que les intérêts marocains contrôlent 51% des futurs établissements financiers. Le pool d’actionnaire qatari conduit par QIIB interviendrait dans le capital à hauteur de 49%. (Source Ecofin). Aujourd’hui c’est la Faisal Islamic Bank, qui s’aligne, un des géants de la banque islamique dans le monde, dont l’actionnaire de référence n’est autre que la famille régnante d’Arabie Saoudite.

 

Maroc-Un article de Tel Quel

 

Banques. La tentation du Halal

 

 

« La future banque verte devra répondre de ses actes devant un charia board 100% marocain, un comité de surveillance composé de ouléma chargé de contrôler la conformité des produits bancaires aux préceptes de l’islam et valider… ses campagnes de com’ ! »

 

Par  Mehdi Michbal

 

 

Le premier établissement islamique du royaume entrera en activité au plus tard en 2013. Une véritable victoire politique pour le PJD, qui ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour l’économie du pays. Avant-goût.

 

Ouvrir le marché bancaire marocain à la finance islamique, Abdelilah Benkirane en rêvait. Dans sa campagne électorale, le parti du Chef du gouvernement en a même fait une de ses mesures phares, qui devraient résoudre le problème de liquidités du pays, mais aussi (et surtout) booster la croissance du PIB d’au moins 2 points. Aujourd’hui à la tête du gouvernement, l’islamiste en chef du royaume, surfant sur un contexte de crise, est en passe de réaliser son rêve, coiffant au poteau tous les opposants à cette déferlante verte venue du Moyen-Orient. Benkirane développe un argumentaire qui tient la route : se connecter au réseau de la finance islamique, c’est créer un pont avec un marché bancaire qui ne connaît pas la crise, qui croît à deux chiffres tous les ans et qui brasse quelque 1000 milliards de dollars d’actifs financiers tous les ans. C’est aussi la meilleure manière d’attirer les pétrodollars, au moment où les flux d’investissements en provenance d’Europe se réduisent comme peau de chagrin.

 

 

Dollars à volonté

 

Belkacem Boutayeb, consultant en finance islamique et ex-directeur de l’international du groupe saoudien Dar Al Mal Al Islami à Genève, ne dit pas autre chose. Pour lui, l’ouverture d’une fenêtre islamique au Maroc pourra “attirer jusqu’à 5 milliards de dollars d’IDE sur les trois prochaines années”, soit près de la moitié des flux d’investissements drainés en 2011 par exemple. Face à un tel argumentaire, les réticences du super-wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, ne valent plus un kopeck, lui qui injecte toutes les semaines entre 50 et 70 milliards de dirhams dans le circuit bancaire pour combler les trous de trésorerie de ses protégés, et qui voit tous les jours son stock de devises fondre comme neige au soleil. Une situation alarmante dont la solution ne se trouve plus dans une Europe malade, mais chez nos frères aux turbans noirs. Leur force de frappe financière n’est plus à démontrer et leur manière de faire est très populaire au Maroc. Selon les résultats d’une récente étude réalisée par le cabinet international Islamic Finance Advisory & Assurance Services, 94% des Marocains se disent “favorables à la finance islamique”. Mieux, 7 personnes sur 10 se disent même “prêtes à investir dans des produits d’épargne conformes à la Charia”. Dans un pays où près de la moitié de la population boude encore le système bancaire classique, cela s’appelle un plébiscite. Et c’est aussi une caution morale que cha3b donne au Chef du gouvernement dans sa tentative d’islamiser le monde très feutré des cols blancs de l’avenue Hassan II.

 

 

Bousculade à Rabat

 

Sûr de lui et du soutien du peuple, Benkirane avait entamé les démarches de prospection des banquiers du Golfe avant même la formation de son gouvernement. En décembre 2011 déjà, l’islamiste en chef avait reçu Khalid Bin Thani Al Thani, président de Qatar International Islamic Bank (QIIB) et vice-président du patronat qatari. Les rencontres avec les responsables des banques islamiques du Moyen-Orient se sont depuis accélérées. Aujourd’hui, ce sont plus d’une douzaine de demandes d’agrément qui se trouvent sur le bureau du gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, qui a toujours résisté à cette vague verte, prétextant que le “Maroc n’a pas besoin de nouvelles banques, les huit établissements déjà en place répondent à tous les besoins de l’économie”.

Parmi les prétendants, le groupe saoudien Al Rajhi, Kuwait Finance House, Dubai Islamic Bank, le Bahreini Albaraka, Islamic Bank of Britain… Des mastodontes de la finance “verte”, qui opèrent dans les pays du Golfe, dans les places émergentes d’Indonésie ou de Malaisie, et même au cœur de la City de Londres. Mais tous les pronostics semblent pencher en faveur de Faisal Islamic Bank, un des géants de la banque islamique dans le monde, dont l’actionnaire de référence n’est autre que la famille régnante d’Arabie Saoudite. Benkirane et ses équipes avaient tenu plusieurs rencontres avec les actionnaires du groupe financier. La dernière en date est très récente, et date du 25 septembre. Son objet ? “La discussion des modalités concrètes d’investissement au Maroc”, selon les bruits de couloirs. Une nouvelle qui risque de ne pas plaire aux autres amis du royaume. Car sur toutes les demandes déposées, une seule sera retenue dans un premier temps. Le gouvernement veut y aller mollo, pour ne pas bousculer l’ordre établi dans le secteur. “Nous avons pensé qu’il est préférable de commencer avec une seule institution de finance islamique, pour évaluer de près l’expérience”, explique le ministre des Affaires économiques, Najib Boulif, à l’agence Reuters. “Si l’expérience réussit dans les six mois, plus rien ne devrait nous empêcher d’autoriser plus de prêteurs islamiques à investir au Maroc”, poursuit l’économiste en chef du PJD, comme pour rassurer les insatisfaits.

 

 

Des fqihs-banquiers

 

Pour préparer l’entrée de cette nouvelle génération de banquiers en jilbab, Bank Al-Maghrib a dû mettre à jour sa loi bancaire, corpus de textes réglementaires qui font office de Bible du secteur financier. Un nouveau chapitre traitant des banques islamiques s’y est rajouté et le projet est aujourd’hui entre les mains du gouvernement, qui devrait le valider en Conseil du gouvernement, avant de le soumettre au parlement. Un vote qui se fera lors de l’actuelle session parlementaire. Objectif : délivrer la première autorisation début 2013. Dans ce texte de loi, dont des bribes ont été publiées dans la presse, on apprend que ces banques ne porteront pas le label “islamique”, mais seront nommées “banques participatives”. Pourquoi ? Simple raison de com’, nous dit ce cadre de la banque centrale : “Si ces banques portent le nom islamique, cela voudrait dire que les autres banques, les classiques, ne sont pas islamiques. Ce qui est délicat à assumer”. Un jeu de mots qui rappelle celui des produits “halal”, lancés en 2007, et appelés pudiquement “produits alternatifs” pour ne pas créer la confusion. Mais au-delà de la forme, les autorités monétaires posent également des conditions drastiques à l’exercice des nouveaux venus. Pas question de laisser la future banque islamique entre les mains d’étrangers, 51% de son capital devra être détenu par des investisseurs locaux. Et en plus du contrôle légitime de Bank Al-Maghrib, la future banque verte devra répondre de ses actes devant un charia board 100% marocain, un comité de surveillance composé de ouléma chargé de contrôler la conformité des produits bancaires aux préceptes de l’islam et valider… ses campagnes de com’ ! Voilà qui ouvre des perspectives à un Zemzmi en mal de reconversion…

 

 

Mehdi Michbal, 17 octobre 2012. TelQuel

 

 

 

 

Les pays du Golfe encouragés à investir massivement au Maroc

 

Mohammed VI, accompagné du Prince Moulay Rachid, est arrivé mardi soir à Djeddah pour une visite officielle en Arabie Saoudite, première étape d'une tournée qui mènera le souverain marocain en Jordanie, au Qatar, aux Emirats arabes unis et au Koweït.

En Arabie saoudite, les ministres marocains ont soumis à leurs homologues saoudiens des projets à financer dans les domaines de l’habitat, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et des infrastructures.

« Nous avons eu l’occasion de présenter les projets qui seront soumis au financement du Fonds saoudien du développement, des projets qui entrent dans le cadre de la vision du Souverain, en vue de renforcer et développer le pays sur les plans économique et social », a indiqué le ministre des finances et de l’économie Nizar Baraka.

En 2011, les échanges commerciaux entre des deux pays se sont chiffrés à 20 milliards $ et l’investissement saoudien au Maroc a été de 1 milliard $.

Les autres pays qui seront visités par la délégation marocaine sont membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui a signé avec le Maroc un partenariat stratégique incluant un financement de projets de développement marocain à hauteur de 5 milliards $ sur cinq ans.

 

Agence Ecofin, 18 octobre 2012

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