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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

29774  femmes sont répudiées chaque année en Arabie saoudite. Cette forme de séparation représente 86% des divorces qui eux-mêmes sont en hausse continue. Le mariage devient un CDD qui en 2008 déjà ne dépassait pas les cinq ans dans la moitié des cas. Le taux de divorce en Arabie Saoudite est très au-dessus de la moyenne internationale, selon Al-Sharq, un journal saoudien, repris ce matin dans le Radar de Liberté. Au cours de l'année 1432 de l'hégire (2011-2012), il y aurait eu 34 622 séparations pour 162 880 mariages, dont 86% par répudiation de la femme, 4,2% sur demande de l'épouse et le reste par annulation pour d'autres motifs.

 

Alors qu'un homme peut répudier son épouse sur-le-champ, les femmes doivent attendre des années et indemniser leur mari pour être libres. En 2008 déjà, s

Selon une étude gouvernementale, le taux de divorce en Arabie Saoudite connaît une hausse "effrayante". Certains estiment que 40 % des couples se séparent avant la cinquième année.

 

Le principal attrait exercé par le salafisme parmi les mâles de certaines couches aisées  en Tunisie est le laxisme des imams salafistes en faveur des CCD conjugaux. Ces contrats de courte durée sont proscrit dans le sunnisme « normal ».

 

Armin Arefi avait consacré à ce phénomène, un reportage dans Le Point, il y a un an.

 

 

Les mariages "orfi", ou coutumiers, offriraient sous le voile une version "halal" de la liberté sexuelle.

DR-Les mariages "orfi", ou coutumiers, offriraient sous le voile une version "halal" de la liberté sexuelle.

 

Tunisie : la révolution sexuelle des salafistes

 

 

Armin Arefi, 20 février 2013. Le Point.fr

 

De plus en plus d'étudiantes en niqab sont approchées par des salafistes leur proposant un mariage temporaire clandestin.

 

L'islamisation de la société tunisienne est-elle en marche ? Élu sur des slogans économiques et démocratiques, le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, fait en tout cas preuve d'une certaine mansuétude à l'égard des salafistes, à l'origine d'une série d'incidents à caractère intégriste depuis octobre. Dernier en date, la montée dans les universités tunisiennes du mariage "orfi", autrement dit "coutumier", comme le révèle France 24. Ces dernières semaines, de plus en plus d'étudiantes tunisiennes portant le niqab sont approchées par de jeunes salafistes, tenants d'un islam rigoriste. Ces derniers leur proposent de passer un pseudo-contrat de mariage, écrit sur un bout de papier, devant deux témoins, généralement des "frères salafistes", afin de légitimer leur union devant Dieu et "consommer" sans pécher.

 

"Cette pratique est illégale, aussi bien au niveau du droit tunisien que de la charia", s'insurge Dalenda Larguèche, directrice du Centre de recherche, d'études, de documentation et d'information sur la femme (Credif) à Tunis.D'après l'historienne, interrogée par Le Point.fr, ces jeunes hommes profitent de l'ignorance de femmes qui ne connaissent pas bien la charia et les croient ainsi sur parole lorsqu'ils leur promettent un véritable mariage régulier dans le futur. Le "mariage orfi" n'est pourtant pas nouveau en Tunisie. Dès le XIXe siècle, cette union était pratiquée dans les campagnes et les milieux tribaux illettrés, mais en réunissant les conditions requises par le mariage charaïque, à savoir la présente du tuteur et la publicité de l'événement. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, où le mariage illicite se réalise dans la plus grande clandestinité.

 

 

"Liberté sexuelle halal"

 

"Il s'agit, dans la tête de ces garçons, d'un mariage temporaire", relève Dalenda Larguèche. "Sous le voile religieux, les salafistes pensent qu'ils pourront appliquer en toute liberté cette version halal de la liberté sexuelle." Officiellement rejeté par les sunnites, le mariage temporaire est déjà pratiqué dans l'islam chiite, notamment en Iran. Si elle interdit les relations sexuelles avant le mariage, la République islamique autorise le "sigheh" : l'aval d'un religieux suffit au couple pour qu'il s'unisse en toute légalité, pour une durée allant d'une heure à 99 ans. Pourtant, nombre de détracteurs du "sigheh" dénoncent une forme de prostitution légalisée au pays des mollahs.

 

Si la Tunisie d'Ennahda se défend de toute dérive à l'iranienne, elle inquiète par sa position pour le moins ambiguë sur le sujet. Nouvelle ministre tunisienne de la Femme, Sihem Badi a provoqué un tollé le 1er février dernier en affirmant au journal Echourouk que le mariage coutumier s'inscrivait dans le cadre des libertés personnelles", avant d'ajouter : "La femme est libre de choisir la forme d'engagement qui lui convient." La ministre, pourtant membre du parti laïque du Congrès pour la République (CPR), semble omettre que le mariage coutumier est passible en Tunisie de trois mois d'emprisonnement, selon les dispositions des articles 31 et 36 du code civil et de l'article 18 du code du statut personnel.

 

Or une semaine plus tard, Sihem Badi se rétracte. Dans une interview à Shems FM, la ministre tunisienne de la Femme s'oppose catégoriquement aux mariages orfi. "Ce phénomène, qui est en train de se propager dans les universités et parmi certaines couches sociales, n'a pas de fondement, ni sur le plan religieux ni sur le plan juridique", explique-t-elle. La ministre n'omet pas de préciser que ses premières déclarations ont été mal interprétées par la journaliste d'Echourouk, qui l'a contactée à l'improviste par téléphone, peu de temps avant son voyage. Le mal est pourtant fait. Et les incidents se multiplient.

 

 

Impunité

 

Outre la question du mariage coutumier, le pays a connu l'attaque en octobre de la chaîne tunisienne privée Nessma TV après la diffusion du film iranien Persepolis, le sit-in de salafistes organisé en janvier dans l'université de la Manouba parce que le conseil scientifique a interdit l'accès aux étudiantes en niqab, ou encore l'arrestation mercredi de trois journalistes du quotidien Attounissia pour avoir publié une photo de nu. Des accrochages encore impensables il y a à peine six mois, dans une Tunisie décrite comme la locomotive du monde arabe en matière de droit des femmes. Et pour cause, le code personnel garantit l'égalité homme-femme depuis 1956.

 

"Il existe chez les salafistes un sentiment certain d'impunité", indique Dalenda Larguèche. "Il s'explique par le fait qu'un parti islamiste est aujourd'hui au pouvoir en Tunisie." S'il n'est en rien impliqué dans les derniers événements, le gouvernement dirigé par Ennahda ne les a jamais fermement condamnés. "Cela encourage les salafistes à gagner du terrain avec leurs idées régressives, note l'historienne, notamment dans les milieux modestes, appauvris économiquement et intellectuellement par le régime de Ben Ali."

 

Double discours

 

Aujourd'hui, les enseignants se retrouveraient désespérément seuls face à la montée de l'extrémisme. "Notre demande au ministre de l'Enseignement supérieur d'adopter une circulaire demandant aux étudiantes en niqab de laisser leur visage découvert en salle de classe est restée lettre morte", déplore Dalenda Larguèche. "Pourtant, insiste-t-elle, d'autres ministres membres d'Ennahda ont bien conclu au refus du niqab en cours." Une contradiction qui illustrerait une nouvelle fois le double discours dont est accusé le parti islamiste.

"Nous essayons de traiter la question doucement. D'être raisonnable afin de ne pas en faire un gros problème de société", répond au Point.fr une source diplomatique tunisienne. "Il existe un danger réel d'une dérive religieuse, ajoute-t-elle, mais l'appareil d'État et la société civile sont là pour faire respecter la loi." Les craintes d'une islamisation en douceur de la société tunisienne sont bien réelles. Actuellement attelé à l'écriture de la nouvelle Constitution du pays en compagnie des partis de gauche laïque, le CPR et Ettakatol, Ennahda aurait dernièrement proposé de faire de la charia la source principale de législation en Tunisie.

Pragmatique, le diplomate tunisien se veut pourtant rassurant : "Ennahda sait qu'il ne réussira pas en Tunisie s'il ne garantit pas un État civil."

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