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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

« L'attaque d'hier de la base BP près d'In Amenas est peut-être à décoder alors selon la grille de lecture en faisant une opération destinée à faire basculer l'Algérie dans le camp de l'option militaire. Si ce sont apparemment des éléments islamistes qui sont les auteurs de cette attaque, cela n'exclut pas qu'elle ait eu pour concepteurs des officines déterminées à entraîner l'Algérie dans l'engagement aux côtés du camp de la militarisation totale de la solution de la crise malienne », écrit Kharroubi Habib dans Le Quotidien d’Oran, à l’annonce de la prise d’otage.

Les informations données ensuite par Le ministre de l’Intérieur, sur la provenance des assaillants minimise-t-il ce risque de manipulation? Dahou Ould Kablia cité par l’APS affirme en effet que le groupe terroriste "n’est entré ni du Mali, ni de Libye, ni d’un quelconque autre pays voisin", précisant qu’il s’agit d’un groupe d’une vingtaine de terroristes "issus de la région »

La veille, avant cette attaque, le Front des forces socialistes (FFS) avait publié une déclaration prémonitoire qui s’achève par un appel à la vigilance : « le pire serait de voir le pays engagé dans une aventure guerrière dont les conséquences seraient dramatiques à tout point de vue ».

 

 

Déclaration du sur la guerre au Mali

 

 

 

Pour le FFS, l’intervention militaire au Mali vise à établir le fait accompli d’une politique déjà ancienne dans la région

 

 

L’intervention militaire de la France au Mali est, en dépit des apparences, une intervention unilatérale et délibérée.

 

Depuis le début de la crise malienne, deux logiques s’affrontent. Les défenseurs d’une solution politique, pour qui l’intervention armée ne pouvait constituer qu’un ultime recours, et les partisans de la logique guerrière menés par la France. Paradoxalement, chacun des deux camps se satisfaisait des résolutions des Nations Unies.

 

Manifestement, la France qui a pris sa décision, en soutien à un pays ami, n’a pas jugé sa proximité avec l’Algérie suffisamment amicale pour reconsidérer sa position guerrière.

 

On peut légitimement s’interroger sur les raisons qui ont amené le Président Hollande à entrer dans la guerre. Les raisons avancées pour justifier l’intervention auraient été mieux reçues et plus crédibles si depuis le début, la France avait montré le moindre engagement en faveur d’une dynamique politique qui donne ses chances à la paix et à une approche de reconstruction globale du Mali.

 

Pour le FFS cette intervention militaire vise à établir le fait accompli d’une politique déjà ancienne dans la région et, actuellement au Mali à cristalliser des rapports de force internes qui lui soient favorables.

 

Trop souvent, l’urgence a servi de prétexte à l’intervention étrangère. Comment ne pas se souvenir que les armes de destruction massive en Irak ou la crainte de la « chute imminente de Benghazi », avaient servi la politique du chaos.

 

Le FFS considère que l’intervention militaire au Mali entérine une inversion des priorités internationales et régionales telles qu’énoncées dans les résolutions des instances internationales. Ces résolutions avaient privilégié la recherche d’une solution politique, le soutien stratégique à la reconstruction globale du pays ; le volet militaire de l’approche venant en appui à ce processus politique, ou comme alternative à son échec.

 

En tout état de cause, le soutien international revendiqué par la France est à évaluer dans le temps et en fonction des développements ultérieurs de la situation.

 

Nous ne pouvons qu’être sensibles et troublés face aux incohérences de la politique étrangère de notre pays. Parti d’une position politique juste, le pouvoir algérien en est aujourd’hui à délivrer une autorisation « sans limite » de survol de notre territoire par les forces aériennes françaises. Le comble est que les Algériens l’ont appris par la voix du ministre français des affaires étrangères !

 

Une guerre s’installe à nos frontières, les Algériennes et les Algériens manquent cruellement d’informations sérieuses et crédibles.

 

Plus que jamais le Front des Forces Socialistes souligne la nécessité d’un consensus politique fort sur des options qui engagent la sécurité nationale et l’avenir du pays.

 

Les autorités continuent d’agir dans l’opacité ; le pire serait de voir le pays engagé dans une aventure guerrière dont les conséquences seraient dramatiques à tout point de vue.

 

Front des forces socialistes, 16 janvier 2013. Ffs-dz.net

 

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