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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Après la défaite de la Commune de Paris, Louise Michel fut déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle y côtoya des Algériens qui y furent envoyés après les insurrections de 1871 en Kabylie. Elle écrit à leur propos : «Nous vîmes arriver dans leurs grands burnous blancs, les Arabes déportés pour s’être, eux aussi soulevés contre l’oppression. Ces Orientaux (...) étaient simples et bons et d’une grande justice. Aussi ne comprenaient-ils rien à la façon dont on avait agi avec eux». Communards et insurgés algériens sympathisèrent. Louise Michel promit de leur rendre visite dans leur pays dès que cela serait possible.

Louise Michel n’avait qu’une parole.

Un livre d’Ernest Girault « Colonie d’enfer » retrace les liens entre les exilés de la Commune et de la Kabylie puis examine le voyage que firent Louise Michel et Ernest Giraud en Algérie quelques décennies plus tard, d’octobre à décembre 1904.

 

Un voyage militant car ponctué de plusieurs dizaines de conférences dénonçant les religions, le militarisme, l’oppression et l’exploitation coloniale… et appelant à la révolution sociale. En faisant salle comble à chaque fois.

 

Fin novembre 1904, Louise Michel, fatiguée (elle avait plus de soixante dix ans et sortait d’une grave maladie), dut mettre un terme à la tournée de conférences et rentra se reposer à Alger.

Ce fut le dernier voyage de Louise Michel qui mourut à Marseille en 1905.
« Bizarrement », cette période de la vie de Louise Michel est quasi-complètement occultée. Ce livre répare, donc, un « oubli » et c’est peu dire qu’il vaut le détour. Pour les Français… comme pour les Algériens.

 

À son retour en France, au printemps 1905, Ernest Girault publia, le récit de son voyage. Le titre en était : « Une colonie d’enfer ! » Dans ce livre il dépeignait les exactions de l’armée, la misère des populations asservies, et, plus globalement, l’intolérable de la colonisation française en Algérie.

À l’heure où certains s’interrogent sur les aspects “positifs” de la colonisation, la réédition de ce livre tombe à pic. Écrit il y a un peu plus de cent ans, sa dénonciation du colonialisme était, déjà, … sans appel !

 Une colonie d’enfer d’Ernest Girault. Editions Libertaires

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