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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo APS

 

Deux usines viennent d'être détruites par un incendie à Chéraga. L'APS indique: "Les causes de l’incendie n’ont pas encore été déterminées et une enquête à été ouverte par les services concernés, a-t-on appris mardi auprès de la Protection civile". Journaliste spécialisé dans les questions de l'environnement, auteur de l'ouvrage "Les risques écologiques en Algérie, quelle riposte ?", M'Hamed Rebah analyse cet événement dans Reporters-dz.

 

 

Seule la Baraka...

 

 

 

Par M’hamed Rebah, 28 août 2013

 

 

L’incendie qui a ravagé lundi à Chéraga, sur les hauteurs d’Alger, deux ateliers de production de chaises et de produits cosmétiques, ainsi qu’un dépôt des mêmes produits n’a pas encore livré tous ses secrets.

 

Heureusement, il n’y a pas de victimes, ni parmi le personnel ni parmi les éléments de la Protection civile dépêchés sur les lieux, mais l’impact sur l’environnement et sur la population n’a pas encore été évalué. D’après les premières informations, ce sont les riverains qui ont alerté, dans l’après-midi de lundi, les éléments de la Protection civile, ce qui suppose que le système d’alerte anti-incendie, s’il existe dans cette installation, n’a pas fonctionné ; cela suppose aussi que l’usine est proche d’habitations, alors que le site d’une telle activité doit être éloigné des agglomérations. L’incendie a provoqué de sérieux dégâts à une habitation, dont les occupants ont été évacués. Le souci premier des éléments de la Protection civile a été d’empêcher la propagation du feu vers des habitations situées à proximité. Cela confirme que les usines se trouvent dans un endroit habité, ce qui est courant, alors que, dans chaque wilaya, une commission, composée du wali, de représentants des APC et des directeurs exécutifs, ainsi que d’experts, est prévue pour veiller au respect de la réglementation concernant les activités économiques à risques majeurs. 

 

Il y a quelques années, une équipe de tournage chargée de prendre des images pour une série de documentaires sur l’environnement destinés à la télévision algérienne est tombée sur des situations inimaginables en matière de risques industriels. A Arzew, des habitations étaient à une proximité effrayante du complexe pétrochimique, alors qu’à l’autre bout du pays, à El Kala, elles étaient carrément collées à une usine de GPL (Gaz de pétrole liquéfié). Dans les deux cas, si, par malheur, un incendie ou une explosion survenaient, non seulement les dégâts seraient considérables en pertes humaines et en destruction de biens, mais les secours auraient du mal à intervenir. Périodiquement, à l’occasion justement d’accidents industriels, on apprend que le littoral de notre pays - à l’exception de quelques zones enclavées sauvées de la prédation - est un concentré de risques technologiques et industriels.

Dans toutes les wilayas côtières, là où la densité de la population le dispute à celle des activités industrielles,  seule la baraka nous protège de catastrophes dont tous les ingrédients sont réunis. A Chéraga, l’unité de production de chaises en plastique (tout comme l’atelier de cosmétiques) utilise des produits chimiques à risque. S’il s’agit de polyéthylène, on connaît le danger que cette matière comporte quand elle brûle. Il y a émission de composés volatils et de cendres extrêmement toxiques. C’est le lourd inconvénient des matières plastiques qui ont été généralisées pour leur facilité à imiter les matières nobles comme le bois.

La première chaise tout en plastique (polyéthylène) a été fabriquée en 1960 et depuis il y en a de toutes les couleurs et de toutes les formes. Pour parer à ces risques, alertée par l’accident du complexe de GNL de Skikda, survenu en janvier 2004, l’Algérie s’est dotée d’une loi (31 mai 2006) et d’une réglementation spécifique aux accidents chimiques, et a adapté les plans ORSEC aux risques technologiques majeurs qui concernent des dizaines d’usines et complexes industriels situés pour la plupart sur le littoral et à proximité de zones habitées. Seulement, il semble bien que les autorités ne se soient intéressées qu’aux établissements les plus dangereux, négligeant les petites et moyennes entreprises disséminées jusque dans les quartiers et cités d’habitations, mais qui développent, à petite échelle, des activités comportant des risques d’incendies, d’explosion et de propagation de produits toxiques dans l’environnement. Comme si les PME étaient dispensées d’études d’impact sérieuses et d’études de danger tout aussi rigoureuses qui constituent les premiers éléments de la politique de prévention.

 

Source Reporters-dz

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safid 28/08/2013 13:02

les patrons d'usine ne font pas attention sur le contrôle des machines alors les services gouvernemental doivent y veiller