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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les Impressions du jeudi

Par Saoudi Abdelaziz

 

Novembre 2011 est le mois où les cartes cachées semblent s’abattre. Les circonstances incitent à l’urgence. La crise financière se durcit, les peuples sont de plus en plus incontrôlables, les Emergents continuent d’émerger. Signe de force ou nécessité de dégarnir les réserves ? Les maîtres de la finance internationale envoient leurs hommes liges en première ligne, sur les fronts gouvernementaux.

 

Ailleurs, les géo stratèges recourrent à  des arrangements audacieux sans craindre de ternir leurs crédos anti-islamistes-des-lumières auprès des arabes modernistes, qu’ils considèrent sans doute comme irreversiblement acquis, comme Saïd Sadi, à leurs plans de remodelage néolibéral du Grand Orient. En Egypte, pour  faire respecter le timing contrerévolutionnaire américano-tantaouiste, Hillary Clinton appelle à la rescousse les Frères musulmans du nouveau parti libéral turquoïde, les assurant d’être bien accueillis parmi les gens de bonne compagnie de la « communauté internationale », s’ils abandonnaient à ses excès démocratiques le peuple insolent d’Alexandrie, du Caire, de Luxor, de Suez ou celui des ouvriers de Misr Filature et Tissage.

 

Sur un autre front, la curiosité c’est la sortie du médiatique agent secret de son image idyllique de Français-1789 (Saint-Just à la bataille de Fleurus). Il fait son coming-out en proclamant publiquement son allègeance de toujours à la cause sioniste. Il avait déjà préparé le terrain en février dernier, à Benghazi : « Je m’appelle Levy, avait-il claironné, fils de Levy, je suis le représentant d’une tribu, qui est l’une des plus anciennes et des plus nobles tribus du monde.”

 

« Le régime de Kadhafi est “le pire ennemi d’Israël” explique t-il aujourd’hui devant le Conseil représentatif des Juifs de France, pour motiver son implication dans “l’aventure politique en Libye”, précisant : “Je ne l’aurais pas fait si je n’étais pas juif”. C’est l’Agence AFP qui rapporte les propos : “J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël ».

 

La cause sioniste a sans doute un besoin urgent de ses talents sur la scène juive, au moment où l’intelligenzia israëlienne et le monde de la presse affichent, à Tel Aviv même, leur distance grandissante à l’égard de cette idéologie de domination sans avenir.  Mais peut-être, après tout, le coming out du philosophe-agent secret-millionnaire n’est-il que la recherche narcissique d’approbation, et de lecteurs, au sein du marché jugé captif de la communauté juive, après le flop médiatico-commercial de son dernier ouvrage. Sait-on jamais.

 

Mais, en France il y a Juif et Juif. Rappelons-nous les mésaventures d’Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoun, fils de juif sépharade de Salonique. A 83 ans, ce sociologue et philosophe français, n’a pas pu retenir son indignation après le mémorable assaut criminel de l’armée israélienne contre la bourgade palestinienne de Jenine en Cisjordanie. Au lendemain de cette attaque meurtrière, il avait écrit un article intitulé « Israël-Palestine : Le cancer »  publié le 4 juin 2002 dans le quotidien Le Monde.

 

Deux associations sionistes, Avocats sans frontières et France-Israël, ont immédiatement engagé des poursuites pour antisémitisme contre cet auteur juif ! La procédure va durer deux ans contre le vieux mais coriace indigné, jusqu’à ce que, le 12 juillet 2006, la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire française, casse la décision de la cour d'appel de Versailles qui avait condamné Edgar Morin pour « diffamation raciale ».

 

Justice était faite. La Cour de Cassation a considéré que le texte publié n'était que « l'expression d'une opinion qui relève du seul débat d'idées ».

 

Voici les deux passages incriminés dont la Cour de cassation a légitimé la publication.

 

 -« On a peine à imaginer qu'une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui et à l'exception d'une admirable minorité en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier ».

 -« Les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les palestiniens. Les juifs qui furent victimes d'un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux palestiniens. Les Juifs victimes de l'inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, « bouc-émissarisent » Arafat et l'Autorité palestinienne, rendus responsables d'attentats qu'on les empêche d'empêcher.»

 

Saoudi Abdelaziz, 23 novembre 2011

 

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