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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

Parmi les chroniqueurs de la place d’Alger, le premier à réagir à la lettre de Hocine Malti est, à ma connaissance, Chawki Amari d’El Watan. Il donnera le ton lorsqu’il s’exclame: “Enfin il se passé quelque chose”. Notant que l’ancien vice-président de Sonatrach « dit ce que tout le monde sait tout bas », il écrit : « Il y a dans cet acte une profonde révolution symbolique ».

 

Salim Rabiapartage cette appréciation dans Maghreb Emergent, le 19 février : « L’interpellation publique de ce haut gradé de l’armée est une première en Algérie ».Il évoque la placidité des Algériens. « Certains s’empresseront, like usual, de s’étonner de ce « peuple qui ne bouge pas et ne s’indigne pas ». Mais qui peut lui reprocher d’avoir appris, à ses dépens, à ne pas croire aux évidences. C’est une sorte de sagesse qu’il a acquise à coup de votes détournés et de routes barrées réprimées: les lettres sont envoyées, elles arrivent parfois mais le message ne passe pas forcément. C’est un peu comme ces chiffres surprenants du chômage où l’évidence n’a rien… d’évident ! On cherche ce qu’il y a derrière ! Forcément, puisqu’au plan institutionnel, tout est affaire de décor… on cherche l’envers du décor ! Les Algériens n’attendent pas qu’un dirigeant leur dise : « Je vous ai compris ». C’est eux qui disent, de mille et une manières, en désertant les JT et les urnes: « Nous vous avons compris!».

 

Maamar Farah,  le plus anciens des chroniqueurs, directeur du Soir d’Algérie de surcroît, a consommé cinq ou six présidents de la République. C’est quequ’un à qui  on ne la fait pas. Il n’est pas impressionné par l’initiative de publication de son concurrent. « Non, je ne cherche pas à disqualifier l'acte courageux de nos confrères d'El Watan. Je dis simplement qu'il n'y aura rien après cette lettre. Rien. Le silence. Le néant. Le vide absolu. Ça ne dérange personne, ça n'inquiète personne... ».

 

Laissons le dernier mot à Kamal Daoud. Il est revenu deux fois sur le sujet et ce matin il écrit : « La brèche étant ouverte, on va sûrement assister à un déluge de lettres ouvertes sur tout ce qui traîne depuis 1999. Corruption, vols, détournements, retards de paiement des chantiers, cupidité des walis ou de leurs fils et filles, contrats extérieurs, douanes, foncier, agréments… etc. Une avalanche sur tout ce qui a été mal fait depuis trois mandats. Un printemps algérien mais avec des lettres. Les lettres ouvertes se multipliant quand les voies sont fermées, comme on le sait. Une bonne chose ? Oui, pour apprendre à écrire et bien formuler. Ou dénoncer car personne ne connaît l'adresse de la commission nationale de lutte contre la corruption et les Algériens savent qu'elle n'a pas de grades ou de divisions ».

 

 

Synthèse blog, 20 février 2013

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