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Publié par Saoudi Abdelaziz

Autour du sens à donner au concept de Communauté internationale, deux tendances lourdes continuent de s’affronter après l’intervention militaire de l’Otan en Libye, devenu l’évènement politique central de ces derniers mois dont l’enjeu est plus vaste que le sort de Kadhafi.

On avait à juste raison estimé que l’éclatement du «camp socialiste», amorcé à la fin des années soixante, en liaison avec la vague mondiale des révoltes de la jeunesse de 1968, a été accéléré par l’application de la doctrine Brejnev de la souveraineté limitée.

Vingt ans après la chute de l’empire soviétique, la crise actuelle du capitalisme est aussi en grande partie la crise d’une autre doctrine de la souveraineté limitée, qui bride le développement et l’épanouissement des peuples. Cette doctrine est imposée de tous côtés aux Etat nations, cantonnés dans un rôle de "gouvernance" par les maîtres occidentaux actuels de la Communauté internationale, à travers les normes, les règles et les institutions internationales qu’ils contrôlent et les relais nationaux organiquement liés aux intérêts du système financier international.

  L’affaire libyenne est un contrefeux contre la montée des revendications en faveur d'une démondialisation anti-impériale.

Il a été allumé dans un des pays où cette doctrine de la souveraineté limitée avait déjà été poussée très loin depuis le milieu des années 2000 dans des domaines névralgiques : captation des réserves de changes de ce pays et transfert des décisions économiques vers Carlyle et les autres fonds plus ou moins spéculatifs,  alignement du marché interne sur les normes anti-protectrices, gardiennage par l’armée libyenne des frontières de l’empire occidental contre l’invasion de l’émigration africaine, intégration des enfants de la nomenklatura dans la jet set, etc.

Comme l'avait pertinemment analysé Hocine Belalloufi (voir article du 31 août), l’Etat libyen était dorénavant coupé des attaches populaires qui fondaient sa légitimité nationale. C’est une poire déjà mûre que l’imperator finissant Sarkozy cueille aujourd’hui.

La guerre de libye est d’abord une opération pédagogique, pour terroriser les forces patriotiques, à l’heure où la nécessité  de reconquérir les capacités nationales autonomes de décision est à l’ordre du jour dans nos pays. Elle vise à diviser les forces démocratiques en détournant leur attention de l'ennemi principal d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

 

S. A.

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