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Publié par Saoudi Abdelaziz

Je ne partage pas l'idée que la corruption se répand dans l'administration tchèque. Ces accusations relèvent d'une certaine méthode de lutte politique. La corruption existe dans tous les pays, y compris le mien mais je conteste fermement qu'elle ait atteint des niveaux alarmants », déclarait récemment aux « Echos » Vaclav Klaus, le président tchèque. Une opinion bien tranchée mais qui ne correspond pas forcément à l'opinion d'une grande partie des Tchèques.

 

Selon un sondage réalisé début mars par le Centre de recherche sur l'opinion publique (CVVM), un institut relié à l'office national des statistiques, 41 % des personnes interrogées estiment que pots-de-vin et corruption sont les facteurs clefs des prises de décision des responsables politiques. Ils étaient 32 % l'an passé. Trois Tchèques sur cinq voudraient que le comportement éthique des responsables politiques soit plus sévèrement contrôlé.

 

L'ONG Transparency International place la République tchèque au 57 e rang de son classement 2011, ex aequo avec la Namibie et l'Arabie saoudite. Maigre consolation, la Slovaquie se classe 66 e. Tout cela a donné des idées aux tour-opérateurs : pour 20 euros on peut s'offrir un « Corrupt Tour » de 2 à 3 heures pour visiter les hauts lieux de la corruption à Prague. L'initiative tout à l'enseigne de l'ironie rencontre un franc succès.

 

Cependant la bataille contre les pots-de-vin commence à marquer des points. Vit Barta, ancien ministre des Transports et leader fondateur du parti Affaires publiques, membre de la coalition tripartite de centre droit du Premier ministre Petr Necas, vient d'être condamné à 18 mois de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable d'avoir acheté des membres de sa formation politique. Toujours la semaine dernière, les limiers en charge de la lutte contre la corruption ont dénoncé dix personnes, dont trois fonctionnaires, pour avoir surpayé des services fournis par la société ProMoPro dans le cadre de la présidence tchèque de l'Union européenne. Enfin, Radim Jancura, un entrepreneur bien connu qui coopère avec le Fonds anticorruption, a accusé Miroslav Kalousek, le ministre des Finances, d'avoir volé des milliards de couronnes grâce à son engagement politique. Une accusation que l'intéressé rejette en bloc.

 

Massimo Prandi, 18 avril 2012. Les Echos

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