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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (51)

 

Jijel, 10 juin 2012

 

La polémique sur le sujet des faux moudjahidines revient de temps en temps. L’Etat algérien, lorsqu’il prétend rétablir une vérité, c’est pour la remplacer par un autre mensonge encore plus intelligent, car l’intellect de la population algérienne pousse nos responsables à faire des efforts pour trompent mieux et donner l’impression qu’il se tue au travail pour nous. C’est aussi une occasion de donner un deuxième souffle à l’exclusion : ahna ou bes (nous seulement).

 

 

Comment pourrais-je avoir confiance dans un Etat qui prétend être une institution de droit, lorsque  jeune de 17 ans, mon père dans les bras mourant à l’hôpital des Algériens de 3ème ou 20ème classe, j’entends cette infirmière dire : «On a le sérum, mais le tube qui va avec est en rupture de stock ». Je me rappelle  ces jeunes de mon âge, des fils de ministres que j’ai croisés cet été là sur l’ile à Cavallo, avec leur garde rapprochée. Leurs discussions c’était : dans quel pays passer les vacances à l’étranger. Au Canada, à Paris ?

 

 

La mort de mon père- c’était dans les années 80- m’a appris une chose : nous autres nous somme des déchets pour le pouvoir. On le dérange même, avec nos exigences de vouloir nous considérer comme des êtres humains. Pour eux, on est des bêtes, la seule chose qu’ont doit réclamer s’est le pâturage, pas plus.

 

 

A la maison, pour obéir à une volonté du père, on a fait le tri de ses papiers personnels. J’ai trouvé un imprimé vierge de demande d’une pension d’ancien moudjahid. Je savais que dans la dernière année de sa vie, malade, le vieux voulait nous léguer une pension qui nous mettrait à l’abri du besoin. Il nous cachait son cancer. Après sa mort, j’ai donc écrit au ministère des lettres restées sans suite. J’ai eu ensuite l’adresse exacte de l’endroit où on pouvait obtenir le certificat de détention de mon père grâce à un voisin, ancien condamné à mort et détenu à la prison d’El Koudia de Constantine. Nouvelle lettre sans suites.

 

 

A la mouhafada de Jijel (dar el askri) suite à mon acharnement, j’ai su que celui à qui j’ai remis le dossier était incarcéré à el Koudia, avec mon père, dans la même salle. C’est de cette personne que j’ai entendu le mot « nettoyage » des listes pour exclure les « faux moudjahidines ». Les journaux en chœur  avaient accentué la polémique comme s’l y avait eu un ordre venu d’en haut.

 

 

A la mouhafada, on m’avait dit que les dossiers à traiter ne concernaient que ceux qui avaient le certificat de  présence au maquis. M’habssiya, les détenus sont été exclus « pour l’instant ». En 2012, la liste des moudjahidines a été fermée pour toujours, dit-on

 

 

Que des gens falsifient des papiers de témoignage pour faire partie du lot des élus, c’est peut être vrai, mais derrière cette décision, la matrice de la propagande vise un autre but : el kamoune. En effet  le ministère a reçu un grand nombre de demandes de régularisation, qu’il ne peut pas satisfaite, ou plus exactement qu’il ne veut pas satisfaire, parce qu’il n’en tire aucun avantage pour le moment. On le sait : l’étude sérieuse des demandes n’est engagée que lors de grands évènements, comme une élection présidentielle.

 

 

Jusque-là, c’est la réponse qui tue : « On n’a pas reçu de directive du ministère, refais un tour ». Etpuis, il y  a peut-être la vieille rancœur des anciens maquisards à l’encontre des anciens détenus dont la plupart étaient des citadins, des « Jijéliens de la ville ».

 

 

A Jijel, les dossiers étaient certes bloqués, mais ceux qui ont recours à un « passeur », ont réussi à faire « monter » le dossier directement jusqu’au ministère à Alger et ont obtenu leur pension. Quant à moi et aux centaines d’autres demandeurs, nous subissons le baratin de la ladjna qui dit n’avoir pas encore fini de nettoyer la liste des faux moudjahidines. Une fois par an, on nous demande un extrait de naissance, une photo, la copie du certificat de détention…

 

 

Cette chanson de ladjna d’étude des dossiers bloque toutes les demandes de régularisation depuis plusieurs années. Les gens qui ont participé à la révolution et le prouvent aves certificat de détention et motif de la condamnation,  veulent « leur part du pétrole ». A Ceux qui disent que c’est pour Dieu, qu’il faut attendre de le rejoindre pour être payé, moi je réponds : C’est maintenant et c’est à Jijel ! Je défie quiconque prêche que son djihad était pour dieu, de rendre les rappels, la paye mensuelle, les licences, l’hospitalisation à l’hôpital militaire d’Alger ou à l’hôpital Européen, les bonus de l’Etat pour le foncier et tous les autres « avantage acquis ». Et, depuis 1962, ça chiffre.

 

 

Créant la polémique sur les faux moudjahidines, ces hauts responsables du système alimentent les journaux et les directives. Ils nous tirent dessus depuis leurs bureaux climatisés pour bloquer, minimiser et écraser avec pour seul but : économiser sur le budget. Ils ont fait leur trou dedans et ne veulent que l’agrandir.

 

 

Village-Moussa , Jijel, le 10 juin 2012

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lahak 12/03/2014 16:23

moi madame LAHAK khadra est anciennes moujahida ,javais deux freres eux aussi ont battu pour l'algerie un tué et l'autre décédé en 2009 n'ont pas eu leurs pensions et moi aujourdhaui je demande mes droit tant que moujahida, jai eu que une certificat de l'honneur. alor comment obtenir cette pension et comment.

lahak 12/03/2014 16:09

moi madame LAHAK khadra est anciennes moujahida ,javais deux freres eux aussi ont battu pour l'algerie un tué et l'autre décédé en 2009 n'ont pas eu leurs pensions et moi aujourdhaui je demande mes droit tant que moujahida, jai eu que une certificat de l'honneur. alor comment obtenir cette pension et comment.

lahak 12/03/2014 16:29

moi madame LAHAK khadra est anciennes moujahida ,javais deux freres eux aussi ont battu pour l'algerie un tué et l'autre décédé en 2009 n'ont pas eu leurs pensions et moi aujourdhaui je demande mes droit tant que moujahida, jai eu que une certificat de l'honneur. alor comment obtenir cette pension et comment.