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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

C’est une caractéristique du système politique algérien : les partis de l’opposition ne s’occupent que de « politique » et de « démocratie ». Pendant plus d’un an d’existence, notre blog a épluché vainement l’actualité, à la recherche de prises de position concrètes de ces partis sur les choix économiques, sociaux ou culturels. Les partis ne s’expriment que sur le mode d’organisation du pouvoir. Ils s’occupent d’abord des « réformes du mode de gouvernance ». Ils semblent s’interdire de s’immiscer dans les domaines vitaux, c'est-à-dire dans le gouvernement effectif de la chose publique.

 

 

Les politiques sociales ? Ils ne font pas de propositions publiques sur les grands équilibres de la répartition du revenu national : c’est l’affaire des « partenaires sociaux », syndicats et organisations patronales. La stratégie énergétique ? C’est l’affaire de Sonatrach ou de Sonelgaz.  Ce morcèlement corporatiste vide les partis et leurs élus des prérogatives fondamentales dans la conduite de la chose publique. Il permet de masquer-sous les apparences fallacieuses de l’autonomie des entreprises, de « tripartites », et autres états-généraux de la société civile- le mode a-constitutionnel de prise de décision en place depuis des décennies.

 

 

Digression : Boumediene au moins, avant de prendre et d’annoncer les décisions les plus importantes de sa présidence, organisait régulièrement une procédure de consultation au sein de l’ANP, sanctionnée par un conclave d’officiers, non clandestin. Depuis son décès nous avons un système sensé exprimer la prédominance de l’armée, sauf que les officiers ne forment plus un corps constitué, reconnu de facto comme tel sous le Boumedienisme. En trente ans, on n’a consulté et réuni les officiers que deux fois : pour avaliser l’investiture de Chadli, puis pour entériner son départ!

 

 

Saura-t-on ce que pensent les partis d’opposition de cette information parue hier dans Maghreb Emergent ? « Après l’annonce que des menaces se précisaient sur l’avenir de NEAL, une joint venture Sonatrach-Sonelgaz, Sim, en panne de plan de charge, dans le nouveau dispositif du renouvelable en Algérie, les regards se sont tournés davantage vers Sonelgaz, devenu de fait le leader de la filière de l’énergie verte. Nordine Bouterfa a donc voulu recadrer les missions en dégageant quelque peu sa compagnie du rôle « d’acteur central » du renouvelable, alors même qu’elle est en grande difficulté pour faire face aux pics successifs d’appel de consommation d’électricité chaque été. Le PDG de Sonelgaz a également affirmé que le projet Desertec pourrait être morcelé, segmenté, décomposé ».

 

 

Les « sociétés nationales » veulent donc se débarrasser du bébé. Sonatrach d’abord, qui semble avoir décidé d’abandonner le financement massif du renouvelable pour consacrer l’essentiel de ses budgets d’investissement au gaz de schiste ?

 

 

Cette décision prise dans les coulisses du système, dans un contexte de passivité et d’incohérence du gouvernement, s’abrite derrière le « libre choix de gestion de l’entreprise nationale », cette autre fiction algérienne. Le FFS se tait, le PT aussi. Ils ont apparemment  d’autres chats politiques à fouetter pour se préoccuper de ces questions nationales d’intendance, pourtant vitales. Car, les dirigeants de Sonatrach, avec leurs fils à la patte, décident sur un sujet sensible, qui engage l’avenir du pays. Les dirigeants de partis ne semblent pas comprendre une vérité universelle qui fonde l’action politique : c’est en polarisant leurs énergies sur la défense ouverte de l’intérêt public que des partis peuvent durablement fonder une autorité politique légitime au sein du peuple et donner substance au renouveau démocratique.

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 2 août 2012

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