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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 
Depuis le printemps, à la faveur d’un contexte politique qu’ils jugent favorables, les travailleurs se mobilisent contre la liquidation du secteur public qu’ils n’avaient pas pu empêcher à l’époque où dans le gouvernement et les médias la privatisation était le crédo et les syndicats englués dans la politique de « paix sociale ». Il est temps de faire le bilan des privatisations de 2008 disent les ouvriers de nombreuses entreprises, souvent des fleurons de l’industrie algérienne. Les salariés jugent le bilan désastreux pour leurs droits sociaux et pointent le phénomène de désinvestissement à Algal de M’sila, Linz de Réghaïa, à la sucrerie de Guelma, à la laiterie de Draa-Ben-Khedda et aujourd’hui à la câblerie de Biskra. Les usines ont été bradées et, depuis, les nouveaux patrons n’ont pas mis les bénéfices au service de la modernisation des outils qui leur ont été vendus à l’encan, se contentant de surexploiter les ouvriers et d’user les machines.
 
 

Biskra : Les travailleurs de Câblerie réclament la nationalisation de l’entreprise

Des dizaines de travailleurs de Câblerie de Biskra (ex-Enicab) se sont rassemblés, hier, - jour férié du 1er Novembre 1954-, devant l’entrée de leur entreprise.

«Nous sommes ici pour, d’une part, commémorer ensemble cette date de l’Histoire algérienne, et d’autre part, réclamer la révision en profondeur des accords de partenariat avec l’investisseur étranger et la titularisation de tous les contractuels», ont-ils dit. Le représentant syndical de cette entreprise, fleuron de l’industrie nationale, comptant plus de 900 employés, filiale de Générale Câbles qui en détient 70% des parts, a lu une lettre dans laquelle il est demandé au président de la République de «venir au secours de cette unité de production de câbles qui fait vivre des centaines de familles et qui se trouve entre les griffes d’exploiteurs et d’adeptes de la rapine et du dévoiement des ressources nationales».

La re-nationalisation de l’entreprise leur semble la meilleure voie pour garantir la préservation intégrale des droits des travailleurs dont la situation serait «des plus déplorables», selon leurs propos. Ils refusent de payer les frais du plan de restructuration tracé par les dirigeants de l’entreprise qui sont taxés d’«investisseurs étrangers dilapidant les biens nationaux sans rien apporter en contrepartie, et en exploitant outrageusement les travailleurs», est-il affirmé dans ce même document. «On se demande pourquoi cette usine a été vendue alors qu’elle a toujours été rentable !? Celui qui l’a achetée engrange des millions de dinars sans avoir apporté un seul clou dans ces bagages. À l’époque, on nous avait bernés en parlant de transfert technologique mais il s’agit plus de l’exploitation des travailleurs et des richesses du pays que d’autre chose», s’est insurgé un travailleur, lequel, après plus de 20 ans de travail dans cette unité, affirme que les conditions de travail se sont dégradées, que la grille des rémunérations est inique et que les promotions internes sont aléatoires et arbitraires.

Un autre a mis en avant l’atmosphère «malsaine» régnant au sein de l’entreprise du fait de la rupture du dialogue avec les dirigeants. A noter que des militants et élus du parti des travailleurs siégeant l’APC et à l’APW de Biskra ont assisté à ce rassemblement. Invité à prendre la parole, Mourad Cherroun, responsable local du PT et membre du conseil national de cette formation politique, a exprimé son soutien total aux travailleurs «lésés dans leurs droits».
 

Hafedh Moussaoui. 2 novembre 2011. El Watan
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