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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les impressions du jeudi

 

par Saoudi Abdelaziz

 

 

En 2011, le régime algérien a mené de front une politique d’accommodement à l’égard des revendications populaires et une sorte de danse du ventre pour amadouer les puissances capitalistes occidentales. En retour, si les Algériens, mis à l’écart de la définition des choix nationaux, ne se satisfont pas de concessions fragiles, conditionnelles et provisoires, les trois piliers de l’Otan –USA, GB et France-semblent avoir opté pour le soutien à la stabilisation du système de gouvernement, au moins pour les deux ou trois années à venir, le temps de bien pomper nos réserves de devises avant le départ de Bouteflika et de renforcer leurs points d’appui. Et puis, l’Algérie reste imprévisible, wait and see commande le pragmatisme.

 

 

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? semblait dire, la semaine dernière, l’ambassadeur de sa Majesté britannique, M. Martyn Roper : «Nous avons fait beaucoup d’efforts l’année dernière pour accroître  les intérêts  du Royaume-Uni en Algérie ». (El watan, 17/1/2012) 

 

Le marché de l’automobile est en crise en France ? L’Algérie a volé à son secours en 2011 et continuera en 2012. “Satisfaisants”, “excellents” ou encore “performants”, sont les qualificatifs du patron de Renault Algérie, Stéphane Galoustian : avec 75 000 unités vendues, dont 55 800 véhicules de marque Renault, l’industrie automobile française maintient sa position de leader pour la sixième année consécutive.

 

Appelé en consultation au chevet de l’économie algérienne, la Coface, l’organisme français d’assurance-crédit, va à l’essentiel dans son diagnostic. “D’imposantes réserves de changes (près de trois ans d'importations) renforcent une situation financière extérieure déjà solide”.

 

L’ambassadeur Xavier Driencourt n’hésite pas à utiliser le langage boursier pour décrire les perspectives des relations algéro-françaises : "Des hauts et des bas, mais avec une tendance haussière" (Aps, 24/1/2012).

 

Les Américains participent à ce concert de bienveillance intéressée. L’ambassadeur Henry S. Ensher, en visite à Ghardaïa, s’est prononcé en faveur de la mise en place de mécanismes permettant d’intensifier les échanges et partenariats entres les opérateurs économiques et institutions des deux pays. Selon lui, l’Algérie a accompli des "efforts encourageants" pour mener à bien un processus démocratique visant à conforter la stabilité et à assurer un développement économique. (Aps, 24/1/2012).

 

Une semaine auparavant, on annonçait que Hillary Clinton, effectuera une visite en Algérie en février prochain.’’L’intention d’effectuer une visite en Algérie a été exprimée depuis quelques mois par Mme Clinton, répondant à une invitation adressée par l’Algérie, et nous nous réjouissons de la recevoir’’, précise M. Medelci en visite aux USA. Entre deux séances d’interrogatoires subis dans des think tanks (il a pris le pli depuis son oral devant les parlementaires français),  notre MAE confie que Hillary Clinton lui a dit que les relations entre les Etats-Unis et l’Algérie sont ’’excellentes’’, et qu’elle a salué les ’’réformes significatives’’ engagées par l’Algérie. (Aps, 13/1/2012)

 

Le consensus bienveillant des Etats occidentaux semble avoir un impact sur l’attitude des acteurs politiques, en encourageant, dans l’opposition, les courants libéraux proches des milieux d’affaires, tentés par un « deal législatif » superficiel, avec mise en veilleuse du changement démocratique et social en profondeur demandé par le peuple algérien.

 

Mais, l’histoire récente, en cours de développement,  indique que la bienveillance intéressée américano-franco-britannique n’est pas forcément un atout pour la sauvegarde d’un système de gouvernement dépassé

 

 

Saoudi Abdelaziz, 26 janvier 2012

 

 

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