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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’économiste Salah Mouhoubi, membre du CNES, donne son avis dans El Watan d’aujourd’hui sur la crise financière et ses retombées en Algérie. Nous publions des extraits de l’interview de cet ancien conseiller à la Présidence.

 

 

(…) La question qui taraude l’esprit des Algériens est le devenir des réserves de changes placés aux Etats-Unis. Ces placements sont-ils réellement sécurisés ou bien y a-t-il un risque de subir des pertes ?


D’abord je tiens à préciser que nos réserves de changes sont sécurisées. Elles sont placées dans des grandes banques internationales et aucune d’elles ne peut disparaître aussi facilement. Sauf que les taux d’intérêt sont très faibles et c’est le monde entier qui subit cet état de fait. Aujourd’hui, nous pouvons nous interroger sur une partie des réserves de changes sous forme de bons du Trésor américain. Je ne pense pas que cela pose problème pour le moment. Et si l’Algérie venait à demander son remboursement, elle en obtiendrait facilement l’accord. Mais je dois préciser que ce n’est pas dans l’intérêt de notre pays de le faire, il faut attendre et laisser les choses se faire naturellement.    


Quel serait le meilleur moyen de faire fructifier nos réserves de changes ? Un fonds souverain ne serait-il pas intéressant ?


Il faut que l’Algérie utilise ses revenus en devises pour assurer son développement. L’existence de réserves de changes répond à plusieurs objectifs. Il est considéré comme matelas de sécurité du pays à la couverture commerciale du dinar. Nous ne pouvons pas changer cette donne d’une manière brutale. La création d’un fonds souverain n’est pas pertinente dans la conjoncture actuelle. La situation boursière montre le contraire. C’est un pari très risqué pour l’Algérie de s’engager sur cette voie. Même si c’est une manière de diversifier sa devise, mais s’il y a un coup dur, nous perdons tout. Je pense que les meilleurs investissements à faire sont chez nous.          


Notre économie est toujours dépendante des hydrocarbures à plus de 98%. Les prix, qui ont franchi depuis plus d’une année la barre des 100 dollars, pourraient-ils être maintenus dans la conjointure actuelle ?


 Absolument non. C’est un thème récurrent. La diversification de notre économie ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis les premières années de l’indépendance. Le président Boumediène appelait sans cesse à l’adoption d’une politique où nous semons du pétrole pour récolter des usines. Malheureusement, nous avons semé beaucoup de pétrole pour ne rien récolter. Sans pétrole, l’Algérie… Il faut s’attendre à des résultats dramatiques. Ce constat est fait depuis de longues années, mais nous n’avons pas l’impression de l’existence d’une véritable stratégie pour réaliser un tel objectif (…)

Propos recueillis par Nassima Oulebsir. El Watan, 12 août 2011       

 

 

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