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Publié par Saoudi Abdelaziz

  

La chronique du Condjador (33)

 

 

 

 

Le Beau marché était, face au front de mer de Jijel, la place privilégiée pour les habitants de nombreux quartiers. Tout le monde connaissait tout le monde, dans ce rendez-vous des pêcheurs à la canne.

 

Après le départ des habitants des bâtiments HLM détruits, ce lieu est utilisé pour les rendez-vous nocturne des revendeurs de zatla, sniffeurs de diluants, et agresseurs de voyageurs de passage.

 

A quelques mètres du poste de police de la gare routière, le souterrain du front de mer est aménagé en petites « chambres » qui servent pour les passes.

 

Les choses ont dégénéré après l’ouverture au Beau marché de deux magasins de vente de boissons alcoolisés. Le front de mer est devenu un grand bar à ciel ouvert où tous les excès sont permis. La topographie de l’endroit donne des atouts aux délinquants de tous genres, et aux commerces illicites.

 

Les habitants du quartier se sont mis d’accord pour porter plainte, à la suite de la multiplication des bagarres et de la pollution du cadre de vie. Mais la police ferme les yeux et se contente de mettre un peu d’ordre en été, pendant la saison touristique, et à la fin de l’année pour remplir ses rapports annuels.

 

Après, plus rien ! C’est devenu une routine : à Jijel, la police a elle aussi une existence saisonnière.

 

Un autre phénomène est aussi devenu routinier à Jijel,  c’est le comportement de nos hauts responsables, du wali au président de l’Apc et au commissaire principal. Leur dénominateur commun, c’est le spectacle qu’ils offrent pendant le premier mois de leur installation. Un coup médiatique et après, plus rien, ils deviennent  invisibles.

 

Ce scénario dégoûte la population dont on insulte l’intelligence mais qui a démasqué cette technique de nos hauts responsables. La communication entre les citoyens et les institutions de l’état est nulle. Ils ne prennent jamais en considération les spécificités culturelles et sociales du lieu qu’ils sont chargés de gérer.  

 

Ce problème est visible quant on voit comment fonctionnent les administrations de Jijel, gérées par des directions de wilaya extérieures à la population. Cette dernière se sent prise en otage par un système qui  ne tient compte ni de la mentalité et de la sensibilité des Jijéliens ni des difficultés qui les préoccupent vraiment.

 

Cette exclusion du Jijélien de tout débat sur ce qu’il faut faire dans sa ville est entretenue par des campagnes de rumeurs en direction des nouveaux venus, responsables et entrepreneurs parachutés venus d’ailleurs. A l’un d’eux on dit : « Jijel est une fille vierge à prendre ». A l’autre on affirme : « ne craignez pas les Jijéliens, leur ville n’a pas moualiha ». Quand on additionne toutes ces vilénies pour discréditer la sensibilité citadine des jijéliens, on comprend, avec un peu de recul, que cela s’inscrit dans le complot habituel du « diviser pour régner ».

 

Ce qu’ils veulent, c’est délester les autochtones de leurs biens fonciers.

 

Ils laissent pourrir le front de mer pour pouvoir plus facilement mettre la main dessus

La belle vue face au bleu de la Méditerranée, ces mafieux veulent aussi l’accaparer. La jalousie leur crève le cœur.  

 

 

Bazaf !

 

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