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Publié par Saoudi Abdelaziz

La chronique du condjador (7)

 

Au marché de gros du port de Boudis, le cours de la sardine a chuté en juillet. Le casier est à 1800 dinars (100 dinars le kilo). En juin il était à 4500 dinars et en mai 6000, ainsi qu’en janvier, février, mars et avril.

 

 

Comment est commercialisée la sardine jijélienne ? La navette des camions frigos des Sétifiens assure, à partir de Jijel, l'approvisionnement des wilayas de l'intérieur et de l'est. Mais, cet approvisionnement est aujourd’hui assuré à partir de tous les ports de pêche du pays. Cette diversité a diminué le monopole des Sétifiens et la pression sur  le port de Boudis. Toute l’année, le prix de la sardine est fixé entre l’offre et la demande. La vente au port se fait aux  enchères, et les Sétifiens mettent toujours le plus haut prix.

Nos mareyeurs locaux n’ont qu’à suivre, sinon ils sont au chômage. Mais, le niveau de vie des consommateurs des wilayas de l’intérieur est supérieur au nôtre. La pêche effectuée par nos bateau n’est plus, comme avant, un produit de consommation local. C’est devenu un produit de consommation nationale. La culture gastronomique des produits de la mer s’est propagée au fin fond du désert et l'armada des camions frigos des willayas de l’intérieur l’entretient. Moi qui ai un revenu de marin, je ne peux pas par exemple acheter la crevette royale à 2000 dinars le kilogramme.

Le système de refroidissement des camions a été remplacé par les machines qui fabriquent la glace et cela permet de faire de grandes distances, vers Oued-Souf, et jusqu’à Hassi-Messaoud. Pour que le Jijélien achète à bas prix, il faut d‘abord que les Constantinois, les Sétifiens et les Batnis soient rassasiés ! Lorsque la demande de sardine baisse à l’intérieur des terres, le prix chute, chez eux d’abord, et automatiquement il chute chez nous. Ils nous fixent les prix de l’intérieur des terres, c’est la loi du marché.

Actuellement, il y a moins d'acheteurs en gros, car le poisson est très abondant dans tous les ports. C’est la saison des grandes pêches.

Cet été, l’un des facteurs principaux de la chute des prix du poisson à Jijel, c’est aussi la pénurie de la glace nécessaire à la conservation, depuis le lieu de pêche, plusieurs heures avant le lever du soleil, jusqu’à la vente au détail. A cause des grandes chaleurs, les bateaux sont donc contraints d’acheter, chaque jour, une grande quantité de glace. Elle est réservée par avance auprès du fabriquant, qui, par solidarité, donne la priorité aux marins.

Mais réserver de la glace pour combien de casiers ? C’est de la divination : on ne peut pas savoir le chiffre exact, ni si les bateaux vont pêcher. Les choses peuvent changer, au cours même de la sortie en mer : panne, météo, changement de courants marins et des mouvements des bancs de poisson. Mais, la glace il faut toujours la payer. Inutilisée, c’est un manque à gagner qui sera les jours suivants retiré de la recette globale.

A Boudis, les nouveaux bateaux achetés dans le cadre de la relance économique sont équipés d’une petite machine de fabrique de glace, comme les trois bateaux Aftis. Sur les autres, la machine de fabrication de blocs de glace n’est pas présente. Pourquoi ? Pour certains, c’est parce qu’elle prend de la place, pour d’autres c’est par superstition. La pénurie de glace, pendant cette saison et celles qui l’ont précédée est dû a la forte demande : les particuliers, les boulangers, les mareyeurs et les pêcheurs, les fêtes de mariage. Les deux fabriques de Jijel, au port de Boudis et au Village-Moussa sont dépassées.

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