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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

« Jamais les groupes de pression n'ont eu une influence financière aussi massive », écrit, à propos des élections américaines, Virginie Robert du bureau de New-York du quotidien économique les Echos. La journaliste décrit par ailleurs le contexte économique des élections : « Deux cataclysmes guettent en effet les Etats-Unis. D'une part, des coupes automatiques dans les budgets de la défense et de la santé (une centaine de milliards) qui viennent sanctionner l'incapacité des parlementaires à s'entendre l'été dernier sur le plafond de la dette et, de l'autre, la fin d'un certain nombre d'exemptions fiscales qui vont générer une hausse massive d'impôts (plus de 400 milliards de dollars). Si les deux interviennent simultanément, l'économie pourrait se contracter de 1,3 % au premier semestre 2013 selon le Congressional Budget Office ».

 

 

 

 

Obama réclame plus d'argent de ses donateurs pour financer sa campagne

 

 

Difficile d'imaginer Barack Obama nerveux. Et pourtant, la transcription d'un appel qu'il a passé depuis Air Force One à un groupe de donateurs suggère que le président sortant est inquiet sur ses besoins en financement. Le document, obtenu par le blog Daily Beast, est parlant. « Les groupes de pression qui financent la campagne de mon opposant vont se consolider. Ils vont diriger le Congrès et la Maison-Blanche », menace le président s'il n'obtient pas les munitions dont il a besoin.

 

Jamais une élection n'aura coûté aussi cher. Les experts prédisent que les deux candidats vont lever près de 1 milliard de dollars et peut-être même aller jusqu'à 2 milliards. Depuis l'arrêt Citizens United en 2010, la Cour suprême a en effet autorisé que les entreprises, les syndicats et les individus versent des fonds - sans limite aucune et parfois sans même avoir à s'identifier s'ils passent par des associations -dans des comités d'actions politiques baptisés « SuperPacs ». Ces derniers n'ont pas de lien direct avec la campagne des candidats mais, en pratique, sont dirigés par leurs anciens collaborateurs et se chargent du gros des campagnes de presse négatives.

 

Au dernier comptage de la Federal Election Commission, le 15 avril, le candidat républicain avait levé 120,6 millions de dollars contre 225,2 millions pour Obama. Les prochains chiffres seront publiés le 15 juillet. Mais, depuis que les primaires républicaines se sont achevées, l'argent des sympathisants a commencé à converger vers Mitt Romney. Le mois dernier, il a levé 76 millions de dollars quand Obama en a obtenu 60 millions. Et c'est bien ce qui inquiète le candidat démocrate. Il a besoin d'argent tout de suite pour réserver les espaces publicitaires dans les Etats qui seront en ballottage et organiser les équipes sur le terrain. « On ne peut pas se retrouver financé 10 fois moins bien que le clan adverse, comme dans le Wisconsin récemment », a observé le président, faisant référence à une élection organisée pour faire tomber - sans succès -le gouverneur républicain de l'Etat. Une série de milliardaires, des frères Koch du Kansas à Sheldon Adelson, le magnat de Las Vegas - qui a d'abord soutenu Newt Gingrich lors des primaires -ont en effet mis leur fortune au service du Parti républicain. Sheldon Adelson a d'ailleurs annoncé qu'il donnerait jusqu'à 100 millions de dollars pour faire tomber Obama.

 

 

Dons de Wall Street

 

Le président est loin d'être démuni de son côté. Un article paru hier dans le « Wall Street Journal » montre qu'il a toujours des donateurs à Wall Street, même après trois ans de relations tendues. Selon le Center for Responsive Politics, Barack Obama et le National Democratic Committee avaient levé 14 millions de dollars auprès des banquiers fin avril (à comparer avec 28,2 millions sur la totalité de la campagne en 2008). Surtout, le président fait beaucoup mieux avec les petits donateurs (109,5 millions de dollars) que Mitt Romney (15 millions de dollars). Mais les mois à venir seront cruciaux. Jamais les groupes de pression n'ont eu une influence financière aussi massive.

 

 

Virginie Robert, 4 juillet 2012. Bureau de New-York, Les Echos.fr

 

 

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