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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

DR-toujourspluslibre.com

 

L’OCDE révèle que les inégalités se sont accrues depuis le déclenchement de la crise financière internationale. Christine Lagarde s’en émeut mais dédouane les politiques d’austérité conçues par les stratèges  financiers pour faire face à cette crise. Le dossier de mai du Monde diplomatique va au fond des choses. Il titre : « Inégalité : le retour des pharaons » : « Notre modernité s’inspirerait-elle donc du temps de l’Egypte ancienne.  Inde, Chine, Russie, Italie, Etats-Unis, pays du Golfe : l’essor des fortunes et du nombre de milliardaires paraît caractériser l’état des lieux ».

 

 

La crise accroit les inégalités de revenu

 

L'austérité en chiffres

 

La crise ne frappe pas tout le monde équitablement. Les logiques d’austérité, en frappant les dépenses sociales touchent avant tout les classes les plus fragiles. En conséquence, les inégalités se creusent. L’OCDE révèle ainsi que les inégalités sociales se sont davantage accrues sur les trois années allant de 2008, début de la crise économique, à la fin de 2010, que pendant les douze années précédentes. Tendance qui devrait s’accroître dans les prochaines années alors que l’austérité se généralise.

 

Après impôts et cotisations sociales, les 10% des plus riches dans la population de l'OCDE ont gagné 9,5 fois plus que les 10% les plus pauvres en 2010. C’était 9 fois en 2007. L'écart est le plus important au Chili, au Mexique, en Turquie, aux Etats-Unis et en Israël, et le plus faible en Islande, Slovénie, Norvège et Danemark.

Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a augmenté pendant la crise dans la plupart des pays. La fiscalité et les prestations sociales ont contribué à atténuer les hausses globales, mais les différentes catégories de population ont été diversement touchées. La pauvreté a ainsi touché davantage d'enfants et de jeunes, mais moins de personnes âgées. Jusqu'en 2010, dans de nombreux pays, les retraités ont en effet été plus protégés que la population active, leurs pensions ayant été moins affectées par les ponctions fiscales.

 

15 mai 2013. Dossier complet dans l’Humanité.fr

 

 

Christine Lagarde dédouane l’austérité

 

Les chiffrent de l’OCDE ne pouvait pas laisser indifférente Christine Lagarde, au moins médiatiquement. Dans un discours prononcé mardi dernier à Washington, au nom du FMI, elle se dit inquiète de « l’aggravation des inégalités des revenus » qui est, assure-t-elle, « une préoccupation croissante des dirigeants politiques à travers le globe", assure-t-elle. Au lendemain des manifestations du 1er mai, Christine Lagarde avait publiquement affirmé qu'il n'y avait "pas d'alternative à l'austérité". Sa tirade d’hier sur les inégalités, va-t-elle s’accompagner d’une révision des programmes d'austérité qui démunissent les plus démunis? Va-t-elle abandonner ses appels à couper dans les dépenses publiques. Non, car l’aristocratie financière qui inspire les politiques maintient son talon de fer. Lagarde affirme contre toute évidence que l'impact des politiques budgétaires sur les inégalités se réduit depuis 2000…

 

 

Inégalités : le retour des pharaons

 

 

Par Le Monde diplomatique

 

«Les inégalités ont toujours existé », entend-on souvent dire par ceux qui aimeraient banaliser leur flambée. Certes, mais elles étaient encore plus prononcées du temps des pharaons. Notre modernité s’inspirerait-elle donc du temps de l’Egypte ancienne ?

 

Inde, Chine, Russie, Italie, Etats-Unis, pays du Golfe : l’essor des fortunes et du nombre de milliardaires paraît caractériser l’état des lieux, comme le détaille le dernier numéro du Monde diplomatique. détaille le dernier numéro du Monde diplomatique. Un dernier exemple vient de nous en être donné dans les entreprises américaines.

 

Ainsi que le rappelle Business Week, qui ne passe pas pour une publication anticapitaliste, le très célèbre théoricien du management Peter Drucker avait théorisé en 1977 qu’une entreprise dans laquelle les écarts de salaires dépassaient un rapport de 1 à 25 voyait ses performances diminuer. Car plus les inégalités se creusent, plus une mentalité individualiste destructrice sape le travail collectif, l’esprit d’équipe et, au final, les résultats de l’entreprise, y compris pour ses actionnaires. Être payé autant en une journée que d’autres en un mois semblait donc représenter la limite à ne pas dépasser. Non pas tant pour les ouvriers et employés, qui, en général, ne se font guère d’illusion sur le côté « famille heureuse » de la structure privée qui les emploie (« Ils sont déjà persuadés, écrivait Drucker, que leurs patrons sont des escrocs »). C’est donc plutôt de l’encadrement que les problèmes surgiraient : au-delà d’un certain écart de rémunération, le cynisme gagne, le cœur à l’ouvrage se perd, l’absentéisme s’envole.

 

Logiquement, Business Week a donc voulu savoir quelle était la situation actuelle aux Etats-Unis. C’est peu de dire que l’écart de 1 à 25 est pulvérisé. J. C. Penney, qui vend des chemises et des pantalons bon marché, permet aussi à son patron de ne pas se soucier de faire des économies vestimentaires. Chaque jour, la rémunération de Ronald Johnson correspond en effet à plus de six années de salaire d’un de ses employés. Car l’écart va de 1 à 1 795 entre la paie annuelle du premier (53,3 millions de dollars) et celle du vendeur moyen (vraisemblablement une vendeuse…), de J. C. Penney (29 000 dollars). A Abercrombie, médaille d’argent de l’iniquité, l’écart va de 1 à 1 640.

 

Parmi les autres « lauréats » de ce classement, Starbucks est cinquième (écart de 1 à 1 135). Et Ralph Lauren, Nike, Ebay, Honeywell, Walt Disney, Wal-Mart et Macy’s se disputent les vingt premières places. A Intel, centième (et dernier) de la liste, l’égalité n’est pas tout à fait réalisée non plus, mais l’écart n’est « que» de 1 à… 299.

 

Bien sûr, certains vont trouver injuste de mettre sur le même plan la rémunération d’un « capitaine d’industrie » — forcément brillant, talentueux, innovant — avec celle d’un de ses employés qui, lui, n’aurait d’autre souci dans la vie que d’obéir. L’étude d’une autre publication, tout aussi peu subversive que Business Week, risque par conséquent de les décontenancer. Consacrant un dossier détaillé aux «Entreprises plus fortes que les Etats », L’Expansion (mai 2013) a cette fois comparé la rémunération des patrons du privé avec celle de responsables politiques de premier plan, à qui il arrive peut-être, à la Maison Blanche ou à l’Elysée, de prendre des décisions qui ne sont pas insignifiantes. On apprend alors que M. Tim Cook, patron d’Apple gagne près de 1 000 fois le salaire annuel de son compatriote Barack Obama (378 millions de dollars dans un cas, 400 000 dollars dans l’autre). Et que M. Maurice Lévy, patron intouchable de Publicis,s’attribue 127 fois la rémunération de son compatriote François Hollande.

 

mardi 14 mai 2013

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-05-14-Inegalites

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