Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

Lors d'une mobilisation à Toulouse en juin 2010.

DR

 

 

Une mission d’information parlementaire française sur les immigrés âgés a été créée le 20 novembre dernier, pour contribuer à ce  que ces personnes puissent « vieillir dignement ». La mission a prévu de se rendre du 12 au 15 mai en Algérie et au Maroc pour rencontrer, notamment, des responsables des caisses de sécurité sociale et des ministères sociaux ainsi que des services consulaires. Carine Fouteau fait le point dans Mediapart

 

 

Droits des vieux immigrés: la mission de la dernière chance

 

 

Par Carine Fouteau, 10 mai 2013

 

 

Que faire de ces vieux immigrés qui ont retroussé leurs manches des années durant à assembler des Renault 5, à construire des routes nationales ou à balayer les rues de Paris ? Que faire d’eux, une fois que leur employeur les a licenciés ou que leur force de travail les a abandonnés ? Cette question taraude les pouvoirs publics français depuis une décennie, voire plus, depuis que ces hommes et ces femmes, arrivés en France dans les années 1950, 1960 et 1970, ont atteint l’âge de la retraite. Sans que ne soient apportées de réponses concrètes, comme si l’État s’accommodait de leur invisibilité.

 

(...) Mais le rapporteur Alexis Bachelay, député PS des Hauts-de-Seine, a déjà une idée précise des enjeux et des réformes à mener. À Mediapart, il explique la démarche de la mission et dévoile ses intentions.

 

Connu, l’état des lieux n’en est pas moins effarant. « La situation était indigne il y a vingt-cinq ans, aujourd’hui c’est carrément scandaleux, ça ne peut plus durer, certains vieux messieurs vivent toujours dans la chambre de 7 mètres carrés qu’ils occupent depuis leur jeunesse, avec une douche sur le palier et une cuisine commune », indique l’élu d’une circonscription dans laquelle sont implantés six foyers, dont ceux de Gennevilliers. « Vu l'état de délabrement de certains logements, on peut parler de maltraitance », poursuit-il.

 

La mission a décidé de centrer ses travaux sur les 850 000 immigrés (dont certains ont acquis la nationalité française) âgés de plus de 55 ans. Parmi eux, 350 000 ont plus 65 ans et 40 000 vivent encore en foyer. Débarqués au début des Trente glorieuses, les Maghrébins sont les plus nombreux (70 %), les Africains subsahariens, des Maliens et des Sénégalais surtout, les ont rejoints, de vieux Chinois aussi.

 

Beaucoup touchent le minimum vieillesse, qu’ils perçoivent sous la forme de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), car ils ont enchaîné les petits boulots, mal payés, à temps partiel, mal ou non déclarés parfois à leur insu. Les discriminations subies au moment du recrutement et dans l’évolution de leur carrière se sont traduites par des inégalités salariales jamais rattrapées.

Cantonnés dans les emplois les plus durs, les plus dangereux et les moins qualifiés, ils ont été les premiers mis à la porte lors des restructurations industrielles des années 1980. « Les chibanis vivent en moyenne dix ans de moins que les autres. C’est comme les ouvriers, mais en pire », indique Alexis Bachelay, qui souligne que cette population, qui parle un peu le français mais ne sait pas forcément l’écrire, connaît mal ses droits et n’ose pas toujours les exercer. « Certains attendent le dernier moment pour se soigner, ce qui complique les traitements ou les rend inefficaces », observe-t-il. « Leur reprocher de venir en France profiter du système comme le font des responsables politiques est purement et simplement indécent quand on connaît la réalité », insiste-t-il.

 

Source : Mediapart.fr

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article