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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

En 2010, les services de police et de gendarmerie ont recensé 173 homicides conjugaux en France (métropole et outre-mer), ce qui représente un peu plus d’un cinquième (22 %) de l’ensemble des homicides. Entre un cinquième et un quart selon les années.

Les femmes constituent 84 % des victimes (146 personnes décédées) mais on relève aussi 28 hommes tués par leur compagne ou ex-compagne. En 2010, il n’y a pas de cas de couples homosexuels mais c’est arrivé les années précédentes. Il n’apparaît pas de tendance sur les 5 années, les chiffres variant un peu chaque année autour d’une stabilité globale (mais au sein d’un ensemble d’homicides qui ne cesse de baisser depuis un quart de siècle contrairement aux idées reçues).

Il s’agit dans la grande majorité des cas de meurtres et non d’assassinats, c’est-à-dire de violences non préméditées, survenues dans l’émotion du moment, émotion décuplée une fois sur deux par la consommation d’alcool, de stupéfiants et/ou de médicaments psychotropes. Selon les premières informations recueillies par les services de police et de gendarmerie, ces émotions ont été provoquées le plus souvent par 1) des situations de séparation (surtout pour les homicides commis par les hommes), 2) des disputes aux motifs divers, 3) de la jalousie, 4) l’état de maladie mentale d’au moins l’un des conjoints, 5) l’état de maladie grave (Alzheimer, parkinson, sclérose en plaques, tétraplégie, cancer...) ou de fin de vie d’au moins l’un des conjoints (avec, dans certains cas, un homicide que l’on peut en réalité rapprocher d’une forme d’euthanasie). Mais l’on voit que ces notions restent un peu floues.

Auteurs et victimes

Si tous les milieux sociaux sont concernés, il apparaît clairement que deux groupes sociaux sont surreprésentés parmi les auteurs d’homicides conjugaux : les chômeurs ou sans emploi (33% des cas) et les retraités (environ 30% des cas). On peut penser ici que cette absence d’activité créé inversement un huis clos conjugal quotidien qui exacerbe les conflits. Il est du reste fréquent (mais non chiffrable avec précision) que l’homicide conjugal soit une sorte d’aboutissement d’une situation de conflit et de violences répétées, parfois depuis des mois voire des années. Logiquement, ce crime est donc également un crime d’âge mûr voire d’âge avancé : l’essentiel se joue entre 30 et 60 ans. Un sixième des victimes avaient même plus de 70 ans, tandis que les jeunes de moins de 20 ans ne sont quasiment pas concernés par cette forme de criminalité.

9 novembre 2011. Source : Le blog de Laurent Mucchelli, sociologue

 

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